Et de sept. Une nouvelle vidéo à charge contre les abattoirs circule depuis le 3 novembre sur internet. Faut-il préciser qu’il s’agit encore d’un coup de L214, l’association de protection des animaux motivée par un mode de vie végétalien. Cette fois, l’angle des caméras s’est resserré sur une pratique spécifique, celle de l’abattage des vaches gestantes. L’association estime que « 10 % des vaches abattues sont pleines », selon « les études disponibles », dont elle ne cite toutefois pas la source.

Lanceur d’alerte

Pour la première fois, c’est un salarié qui a donné l’alerte. Les images ont été tournées en mai et en septembre par Mauricio Garcia-Pereira, employé de l’abattoir de Limoges (Haute-Vienne) depuis sept ans. Écœuré, l’homme dit ne « plus y arriver », et va jusqu’à espérer perdre son travail. « J’ai décidé de porter ce témoignage publiquement, parce que je n’ai rien fait de mal, déclare-t-il à l’AFP. Ne rien dire, c’est ça qui est mal. »

L214 exige l’interdiction de cette pratique, au nom de la souffrance susceptible d’atteindre le fœtus. Le journal Le Monde, qui comme à l’accoutumée a eu accès aux images en avant-première, nous informe : « La vache gestante pesant plus lourd, elle sera vendue plus cher à l’abattoir, au prix de la viande. » Mettre le doigt sur les déviances à l’abattoir est louable. Semer la pagaille dans une filière sans même en connaître les rouages, c’est nettement plus contestable.

Hélène Chaligne