Dans la commune de Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes), labellisée « Territoire de commerce équitable », le projet d’une Maison du commerce équitable a émergé il y a une quinzaine d’années. Il s’est progressivement structuré autour d’une boutique associative, gérée par des bénévoles qui se relaient toute la semaine. « On y trouve des produits de centrales d’achats du commerce équitable (Artisans du monde, Éthiquable…) mais aussi, depuis près de huit ans, des produits locaux, explique Cathy Blossier, présidente de l’association et vice-présidente du conseil municipal. L’objectif est de soutenir les petits producteurs d’ici comme d’ailleurs. » La municipalité, engagée dans une politique alimentaire ambitieuse, a en effet pris conscience depuis plusieurs années du risque de voir disparaître l’agriculture locale (1), notamment sous la pression de l’urbanisation.

Soutenir l’agriculture locale

Comment fonctionne la boutique ? « Au travers d’une charte, nous nous engageons, pour plusieurs années, à acheter aux agriculteurs une partie de leur production à un prix défini avec eux », poursuit Cathy Blossier. La gamme de produits commercialisés reflète l’agriculture locale : des agrumes aux fromages, en passant par les œufs, les tisanes, les farines et les huiles d’olive, sans oublier les bières et les pâtes de légumes…

Mais c’est sur la transparence que l’association se distingue : chaque étiquette décortique le prix payé à l’agriculteur, la TVA et la marge appliquée par le magasin. Pour soutenir l’agriculture locale tout en gardant des prix démocratiques, la Maison du commerce équitable a décidé de réduire sa marge sur les produits locaux à 15 %, au lieu des 20 % appliqués sur les produits du commerce équitable Nord-Sud.

Le consommateur peut vérifier sur les étiquettes dans quelle mesure la valeur ajoutée « ruisselle » vers le producteur… À quand une transparence similaire dans la grande distribution ?

Bérengère Lafeuille

(1) Lire notre dossier dans La France agricole du 1er mars 2019.