« Nous avons toujours un ou deux apprentis sur l’exploitation. Nous avons une ferme très polyvalente avec 180 hectares de cultures et de prairies, des veaux d’élevage, 7 000 m² pour les volailles, une station de compostage et nous faisons de la plaquette de bois. Un jeune y trouve facilement sa place s’il aime toucher à tout.

Nos apprentis restent généralement quatre à cinq ans. Nous en accueillons depuis une trentaine d’années. Le recrutement se fait de bouche-à-oreille essentiellement et via la MFR. Si le premier qui frappe à la porte me convient, je le prends. Cela marche souvent par relation et par la proximité géographique. Le contrat est signé en août pour un démarrage en septembre. On a essayé de chercher des salariés mais nous n’en trouvons pas. Le but est de former et de garder l’apprenti sur la ferme en tant qu’ouvrier mais c’est difficile. 90 % d’entre eux préfèrent partir après leur apprentissage dans les travaux publics ou les entreprises de travaux agricoles. C’est dommage. Ils devraient rester dans l’élevage. Ils aiment beaucoup trop les machines. Les tracteurs sont devenus tellement confortables… Nous nous sommes rendu compte que certaines tâches comme le rempaillage du poulailler les embêtent un peu parfois.

Mais ils sont là pour apprendre et notre rôle est de les accompagner. L’apprenti ne doit pas être livré à lui-même. Nos jeunes sont toujours entourés. Il ne faut pas prendre l’apprenti pour un homme à tout faire. Leur encadrement prend davantage de temps. Il y a une période d’adaptation lorsqu’ils arrivent mais certains s’y mettent très vite.

Le bémol de l’apprentissage c’est de jongler avec le planning de l’école. Parfois, les jeunes sont en classe au moment de travaux importants comme les semis. L’idéal, ce serait qu’ils aient plus d’heures de cours en hiver et moins au printemps pour éviter de rater la pratique de ce qu’ils peuvent apprendre en cours. Ils sont toujours volontaires pour venir à la ferme. »

Propos recueillis par A. Marcotte