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Regain d’intérêt pour les distributeurs de lait

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Commercialisation - Regain d’intérêt pour les distributeurs de lait
Philippe Gillet passe environ une heure par jour pour remplir chaque distributeur. Celui de la ferme, accessible via une route départementale, est très prisé. © Aude Richard

Alors que le marché des distributeurs automatiques de lait s’est écroulé il y a quelques années, un nouvel engouement se fait sentir. Éleveur, Philippe Gillet a investi dans des machines d’occasion.

Et de trois ! Philippe Gillet, éleveur de prim’holsteins à Dry (Loiret), au sud d’Orléans, vient d’installer un troisième distributeur de lait. Avec son fils, Romain, ils utilisent ce moyen de vente depuis plus de dix ans. 5 % de la production de leurs 80 vaches sont vendus­ en direct.

Le premier distributeur, acheté en 2009, a été placé à la ferme, en intérieur. Aujourd’hui, la machine dort dans une grange. Philippe souhaite la réparer et l’installer dans un magasin de producteurs. À la place, il a mis un distributeur-chalet (Lazzaroni), en extérieur, dont il est très satisfait. « En moyenne, 70 l de lait sont consommés par jour et nous avons distribué 1 400 clés, un moyen de payer sans avoir de monnaie. La ferme est une valeur sûre pour implanter un distributeur. Les consommateurs voient le fermier et les vaches, cela les rassure. » Philippe fait attention à ce que les abords soient accessibles et propres.

Lieu de circulation

Tous les distributeurs ne connaissent pas un tel succès. En France, la quantité moyenne vendue par machine est proche de 30 à 40 l par jour. C’est le cas du deuxième distributeur de Philippe, installé sur le parking d’une grande surface, à 7 kilomètres de l’exploitation. « Même s’il y a du passage, les gens n’y prêtent pas vraiment attention. Il faudrait faire des animations, être présent », souligne Philippe. Le troisième distributeur vient d’être placé sur le parking d’une grande surface, à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, aux portes d’Orléans, lieu stratégique de circulation. « Nous avions énormément de demandes d’Orléanais qui venaient jusqu’à la ferme. Je suis confiant, je vise jusqu’à 40 à 50 l par jour », ajoute l’éleveur.

En moyenne, il passe une heure par jour et par distributeur, le temps de remplir une cuve spécifique avec du lait du jour, de la transporter jusqu’à la machine, et de remplir d’eau le système de nettoyage automatique. Une fois par an, la chambre­ froide est révisée. La maintenance annuelle coûte 180 € et la consommation électrique est d’environ 150 à 200 € par an.

L’occasion recherchée

Après un boom dans les années 2010, les ventes se sont écroulées. De nombreux éleveurs jugeaient la rentabilité insuffisante par rapport au temps passé et à la contrainte du remplissage toutes les 48 heures (la durée de conservation est de 3 jours à compter de la date de traite). Les fabricants français et les importateurs ont mis la clé sous la porte. Résultat, le marché est seulement d’occasion, comme l’explique Sébastien Lasne, directeur de Galactéa service, qui effectue la maintenance des appareils. « Sur les 120 machines vendues par Lazzaroni­, une cinquantaine est en fonctionnement aujourd’hui. Les distributeurs­ d’occasion, assez recherchés, se vendent entre 5 000 et 10 000 € selon leur état, à la place de 25 000 € neufs après déduction des aides régionales. Avec du lait vendu à 1 € par litre, voire 1,20 € dans les grands bassins de consommation, la machine est amortie en un ou deux ans. »

Philippe a acheté son troisième distributeur 5 500 €. Après un coup de peinture et le changement de trois pièces, dont l’éclairage du cadran électronique, il est comme neuf. Il pousse même un « Meuh » quand le lait coule !

Aude Richard

Conseils pratiques

Pour vendre du lait cru, il est nécessaire de disposer d’une autorisation de production et de mise en marché (arrêté du 13 juillet 2012). Le lieu d’implantation du distributeur doit comporter une prise de courant en 220 V et, sur les parkings des grandes surfaces, un loyer est demandé. D’occasion, le distributeur est vendu avec un distributeur à bouteilles, une pompe de transfert, deux cuves de 100 à 300 l, et un chariot pour lever la cuve dans le véhicule. « Si l’appareil a été à l’arrêt pendant quelques années, vérifiez la mise en route car les cartes électroniques ont pu s’abîmer », conseille Sébastien Lasne, directeur de Galactéa service.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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