Le contrat multirisque agricole couvre les bâtiments d’exploitation ainsi que leur contenu installations, marchandises, animaux et récoltes. Pour fixer son tarif, l’assureur tient compte de la localisation, de la surface, du type de construction ou de la présence de facteurs aggravants (élevage hors sol, présence de chauffage ou de fourrages, proximité entre les bâtisses, etc). Voici cinq points à vérifier pour être sûr d’être assuré, mais aussi ajuster au mieux le coût de son contrat.

Ajuster au mieux le coût

1. Adapter le type de garantie à chaque bâtiment.

Tout dépend de son usage, mais en cas de sinistre, un bâtiment pourra être reconstruit à l’identique, à l’identique vétusté déduite (la vétusté correspondant en général à au moins 25 % de la valeur), en valeur d’usage identique ou encore au capital. Les libellés pouvant être différents selon les assureurs. La première option est la plus chère. Ce choix pourra être différent pour chaque type de bâtiment. Cela permet d’optimiser­ le coût de la cotisation.

2. Vérifier que la destination et les surfaces des bâtiments assurés sont à jour.

Si la surface assurée dans le contrat ne correspond pas à la réalité, l’assureur pourra appliquer des réfactions sur l’indemnité versée en cas de sinistre. Par exemple, pour un bâtiment agrandi de 25 % et non signalé, en cas de sinistre, l’assureur ne versera que 75 % du coût estimé de la reconstruction. De la même manière, lorsque le bâtiment est déclaré comme un bâtiment d’élevage et qu’il sert à stocker de l’engrais ou du fioul, il pourra argumenter que le risque assuré était supérieur (dans ce cas, l’assuré n’a pas assez cotisé) et réduire l’indemnité.

3. Vérifier le montant pris en charge par l’assurance pour la démolition

Pour les bâtiments qui contiennent de l’amiante, la démolition après un sinistre coûte 20 à 30 % plus cher. Elle doit être effectuée par une entreprise spécialisée. La plupart des contrats prévoient une prise en charge à hauteur de 20 à 60 € par m², cumulable parfois avec les frais annexes ou supplémentaires. Dans le cas de bâtiments avec amiante, il faut se situer au moins à 60 € par m², voire davantage. Le surplus étant à la charge de l’assuré.

4. Choisir l’option garantissant la prise en charge des honoraires d’expert d’assuré.

Cette option est importante quand l’enjeu financier de l’indemnisation est conséquent, dans le cas d’un incendie par exemple. Elle permet la prise en charge des honoraires d’un expert d’assuré, pouvant représenter jusqu’à 4 à 5 % de l’indemnité qui sera versée. Un expert d’assuré représente l’assuré et l’accompagne dans ses relations avec l’assureur pour fixer le montant de l’indemnité.

5. Choisir l’option perte d’exploitation

Elle permet la prise en charge des pertes financières liées à l’arrêt d’activité après un sinistre (perte de chiffre d’affaires, frais de location d’un matériel de remplacement, frais de main-d’œuvre supplémentaire…). Plusieurs mois peuvent s’écouler avant la reprise de l’activité à la normale après un sinistre, notamment pour les productions laitières, hors sol ou la production d’énergie, alors que les charges de structure existent toujours.

M. Salset

L’Expert
« Jouer sur la franchise pour ajuster le tarif » Olivier Bohn, conseiller d’entreprise spécialisé dans la gestion des risques et les assurances à la chambre d’agriculture de la Moselle

« Je conseille de “mixer” les valeurs pour lesquelles les bâtiments d’exploitation sont couverts. On préférera assurer un bâtiment de stockage récent en matériaux modernes, alors que celui situé en périmètre classé sera pris en charge pour une valeur à l’identique ou au capital… Il ne faut pas hésiter à être très précis, détailler les valeurs pour chaque type de bâtiment et choisir un mode de reconstruction adapté aux caractéristiques de chacun. Cela permet d’optimiser le coût global de la multirisque agricole. De même, pour ajuster le tarif, il est possible de jouer sur la franchise. Une franchise à zéro n’est pas toujours nécessaire, cela dépend du type et de la valeur du bâtiment assuré. En cas de sinistre, une franchise à 3 000 € aura un impact financier moins important pour une bâtisse dont la valeur de reconstruction est de plus de 100 000 €. »