Brandissant le spectre d'une inflation encore plus forte, Michel-Edouard Leclerc a mis en doute le bien-fondé des demandes de hausses de tarifs formulées par les grandes marques, au micro d’Apolline de Malherbe sur BFMTV, ce 25 janvier 2023. "Nous n’avons pas de demande de hausse inférieure à 10 % et la plupart sont entre 10 et 30 %",  a-t-il détaillé, dénonçant le manque de transparence des multinationales de l'alimentaire. "Je suis perplexe sur une hausse de telle ampleur sur les grandes marques", a-t-il ajouté.

Il craint que l'inflation continue de progresser fortement. "L’inflation va se poursuivre à ce rythme-là, et même peut être plus compacte encore, entre mars et juin", a-t-il prévenu, expliquant que les prix actuels tiennent compte des hausses de prix négociées l'année dernière, et qu'à partir de mars, il y aura les nouveaux accords dont les négociations sont en cours.

Les PME jouent le jeu

Le président du comité stratégique des magasins Leclerc a salué la position des PME de l'alimentaire, qui, "elles, sont transparentes" et "carrées" face aux exigences de la loi Egalim 2, estimant que les hausses de tarifs des matières premières agricoles et des coûts de production agricoles sont prises en compte.

"Le problème, c’est les 84 plus grosses marques, comme Mondelez et même L'Oréal, qui jouent de cette tension sur les prix", rappelant les augmentations de prix "considérables" déjà concédées l'an dernier sur les pâtes, l'huile ou encore la viande surgelée. "Ils remettent le couvert. [...] On ne va pas taper nos consommateurs de ce qui n’est pas vraiment une hausse de coûts, mais aussi une promesse d’augmentation des dividendes", s'est-il indigné. 

Gagner 2 à 3 points d'inflation

Michel-Edouard entend bien "défendre le pouvoir d'achat des Français", sans basculer dans la guerre des prix entre les enseignes. "On est hypercombatifs dans la distribution. Les coups bas qu’on a eus dernièrement à l’Assemblée nationale, cela nous a tous motivé. Dans la concurrence entre enseignes, je n’ai pas dit dans la guerre des prix, on peut faire gagner aux Français deux à trois points d’inflation", a-t-il promis.