L’Observatoire des inégalités, organisme indépendant, a publié le 6 décembre 2022 son troisième rapport sur la pauvreté en France (édition de 2022-2023). Bilan : en vingt ans, la pauvreté ne diminue pas.

Avoir un travail n'empêche pas d'être pauvre

Parmi les personnes pauvres, 40% sont inactives (à la retraite ou au foyer) et 60% sont actives (salariés, indépendants, chômeurs).

Trois millions de personnes pauvres vivent dans des ménages où la personne de référence est active. Les indépendants forment un quart des effectifs (24 %, soit 730 000 personnes), suivis des employés (24 %) et des ouvriers (34 %). Les cadres supérieurs et les professions intermédiaires sont moins nombreux (7 % et 11 % respectivement).

Dit autrement, 7 % des ménages d’actifs sont pauvres en 2019, avec de profondes disparités selon les milieux sociaux. Le taux de pauvreté est particulièrement élevé (15,5 %) chez les indépendants : agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d’entreprise. Il est de 10 % chez les employés et de 9 % chez les ouvriers.

Le zoom sur les agriculteurs date des données 2018

Les personnes dans les ménages d’agriculteurs ne sont pas distinguées dans la catégorie socioprofessionnelle des indépendants. Cette dernière rassemble en effet les agriculteurs, artisans, commerçants et chefs d'entreprise. De plus, précisent les auteurs du rapport, « une partie des agriculteurs échappent sûrement à ce recensement, car les revenus négatifs sont retirés des statistiques. »

Pour aller davantage dans le détail sur la situation des agriculteurs, l’étude nationale la plus récente de l’Insee date d’octobre 2021, à partir des données de 2018. Il apparaît que 18 % des ménages agricoles vivent sous le seuil de pauvreté (fixé à 60 % du revenu médian, soit 1 083 € par mois en 2018 pour une personne seule). La pauvreté y est de surcroît plus intense : le niveau de vie médian des personnes pauvres est de 9 400 € par an.