À l’occasion du lancement de sa campagne de collecte de dons, le 24 novembre 2022 à Paris, les Banques alimentaires ont signé un partenariat avec la fédération nationale des Cuma. Son objectif est de formaliser la prise de contact déjà entamée depuis 2021. Les Cuma veulent pousser plus loin leur modèle de solidarité en luttant ainsi contre le gaspillage alimentaire. D’un autre côté, les Cuma pourraient trouver un remède à la crise de recrutement des salariés en valorisant la piste de l’emploi par l’insertion auprès des bénéficiaires de l’aide alimentaire.

Expérience dans l'Aude

Une Cuma de la haute vallée de l’Aude a déjà expérimenté une collaboration avec la banque alimentaire de ce département. La Cuma de maraîchage voulait se développer et, dans le même temps, s'engager plus loin que les seuls dons de ses surplus. La Banque alimentaire a pu programmer des achats de légumes. "Si on veut motiver les paysans à donner, il faut aussi qu'ils puissent vendre une part de leur production", explique Jean-Jacques Mathieu, agriculteur membre de la Cuma du Petit Plateau.

Une épicerie solidaire a été montée dans le cadre du volet social du projet agricole territorial. Les consommateurs y achètent leurs aliments de façon classique et peuvent faire des dons sur chaque panier. "On a tendance à penser que les personnes précaires ne sont pas intéressées par cuisiner des produits bruts mais c'est l'inverse qui s'est passé. En retour, elles ont acquis une meilleure compréhension des enjeux agricoles locaux", témoigne Thomas Galland, animateur de l'Épicerie paysanne. Cette initiative fait partie d'un ensemble de 21 projets accompagnés l'an passé en France pour combiner les circuits courts et l'alimentation saine des personnes précaires.

Collecte ce week-end

La collecte annuelle des Banques alimentaires se déroulera du 25 au 27 novembre 2022 . Elle mobilisera 130 000 bénévoles dans huit mille magasins. Un site, Mon panier solidaire, permet aussi de donner en ligne. L’objectif est de pouvoir distribuer un million de repas grâce à cette collecte, soit un peu moins de 10 % des réserves du réseau. « Nous sommes attachés à l’équilibre alimentaire des repas distribués. C’est pourquoi nous espérons recevoir des conserves de fruits et légumes », pronostique Claude Baland, président du réseau national des banques alimentaires. Alors que les besoins s'accroissent avec la tension économique, il s'inquiète d'une tendance au repli sur soi du fait de cette même tension économique.

En dehors de la collecte, il compte sur ses relations avec les agriculteurs pour approvisionner son réseau tout au long de l'année avec des produits frais et diversifiés. Si la base historique reste les dons, il se réjouit de la création du fonds de solidarité pour l'alimentation durable doté de 60 millions d'euros en première année. La Première ministre avait dévoilé ce fonds le 3 novembre 2022 à Reims où laanque alimentaire travaille déjà beaucoup avec les coopératives agricoles du département.

La solidarité des agriculteurs a franchi une étape à la Réunion. 35 agriculteurs ont passé un accord avec la banque alimentaire sur un achat de 60 tonnes. De plus, la Banque alimentaire s'est équipée d'une ligne de conditionnement. Elle la met à disposition des agriculteurs pour leur propre usage à condition qu'ils donnent à l'aide alimentaire 10 % de leur production concernée.

Et le chèque alimentaire

Enfin, venu inauguré cette campagne de don, le ministre des Solidarités Jean-Christophe Combe assure que l'idée du chèque alimentaire n'est pas abandonnée mais il reconnaît la difficulté à le mettre en place.