Les incivilités, comme les dépôts sauvages d'ordures ou de gravats, affectent 84 % des communes, selon une enquête du Centre d'étude de la vie politique (Cevipof) de Sciences Po rendue publique à la veille du congrès des maires de France, le 22 novembre 2022. Alors que 65 % connaissaient déjà ce phénomène lors de la précédente étude en 2020, ils sont 19 % d'entre eux à découvrir ces évènements sur leur commune.

Dans le même ordre d'idée, ils sont 57 % à avoir constaté des atteintes au bien de la commune. L'enquête a interrogé sur ce point 3 696 maires dans toute la France, y compris dans les outremers. Dans l'ensemble, ces chiffres sont cohérents avec ceux de 2020.

Les maires visés

En revanche, les incivilités qui ont pour sujet directement le maire ou l'élu municipal sont en hausse. Ils sont 63 % a se déclarer en être victime en 2022 alors qu'ils étaient dix points de moins il y a deux ans. Les menaces, les injures ou les attaques sur les réseaux sociaux suivent également une courbe orientée à la hausse.

Quand le Cevipof leur demande si leur fonction de maire ou d'élu a un impact sur leur vie familiale, ils sont 29 % à répondre "oui" mais à préciser que cet effet est négatif. Ils étaient 20 % dans ce cas en 2020.

Crispation démocratique

Sans tomber dans les extrêmes des agressions, les maires témoignent d'une crispation du débat démocratique. Ils sont 24 % à estimer que les habitants aux opinions politiques différentes ont de plus en plus de mal à discuter entre eux. Comme on s'en doute, c'est beaucoup moins vrai dans les petites communes : 21 % dans les communes de moins de 500 habitants contre 42 % pour les communes de plus de neuf mille habitants.

Mais le seuil où on passe la moyenne est assez bas, à mille habitants. Et les élections ne sont pas forcément le moyen de résoudre les tensions puisque 50 % des maires estiment que les opinions politiques se sont durcies depuis leur élection, essentiellement pour des questions de fractures territoriales, d'inégalités économiques et sociales et de rejet de certains élus. Les questions d'insécurité, d'immigration, d'environnement ou de religion n'arrivent qu'à la suite.

Valeur et engagement

Avec ce tableau noir, on pourrait s'attendre à un certain désenchantement de la fonction. Ce n'est pourtant pas le cas. Quand on leur demande de noter leur satisfaction de leur vie actuelle, ils sont une nette majorité à se déclarer plus ou moins satisfait. L'explication principale à cet optimisme "malgré tout" est la notion de sens et les valeurs qu'ils trouvent dans leur engagement. À cela, ils répondent positivement à une écrasante majorité.