Pour les particuliers qui veulent placer leur épargne dans un projet "utile, concret, peu risqué et qui prend régulièrement de la valeur", Vincent Kraus a une solution : l’investissement dans la foncière solidaire Feve, acronyme de "Fermes en vie". Cette société, qu'il a cofondé en 2021, finance l’achat de fermes et les mettre en location (avec option d’achat) à des agriculteurs qui s’engagent à respecter une charte agroécologique ambitieuse.

400 particuliers investisseurs

En moins de deux ans, la foncière a collecté 4,5 millions d’euros auprès de 400 particuliers, qui ont donné chacun de 500 € à plusieurs centaines de milliers d’euros, a précisé Vincent Kraus, un des quatre fondateurs de Feve, lors d’un webinaire du 8 novembre 2022, organisé dans le cadre de la semaine de la finance solidaire.

Trois millions ont déjà permis de financer 5 projets. Notamment l'achat de deux fermes dans les Landes, l’une de 7 hectares en forêt comestible, l’autre de 190 hectares de céréales. La foncière a aussi installé en septembre 2022 Gabriel Gendreau sur 60 hectares à Cussac, près de Bergerac, en ovins bio et agroforesterie. Il reste 1,5 million et l’équivalent encore à lever pour six autres projets.

25  % de réduction d'impôt

Le principe est simple : un particulier investit et reçoit en contrepartie des parts sociales de la foncière. L’année de l’achat, il bénéficie d’une réduction d’impôt de 25 % de son investissement, puisque Feve dispose de l’agrément ESUS (entreprise solidaire d'utilité sociale). En contrepartie il s’engage à conserver les parts au minimum 7 ans.

Les frais de souscription sont d’environ 3 %. Les frais de gestion, d’environ 0,5 % par an, viennent en déduction des loyers. Les parts ne donnent pas de dividendes, mais elles sont réévaluées chaque année d’environ 2 % (en fonction des fermages et de l’évolution du prix du foncier). À la sortie, le particulier revend ses parts et la plus-value sera taxée à 30 %.

"Entre la réduction d’impôt et la revalorisation des parts, la rentabilité brute de cet investissement est de 5 % par an", estime Vincent Kraus. Le projet Feve se distingue de l’association Terres de liens, qui soutient uniquement les fermes en agriculture bio et ne permet pas le rachat du foncier par l’agriculteur, précise Vincent Kraus.