Alors que le Modef, mouvement de défense des exploitants familiaux, tenait son congrès les 25 et 26 octobre 2022 à Guéret (Creuse), son président Pierre Thomas revient sur les fondamentaux du syndicat. "L’alimentation doit retrouver sa place dans la société, cela ne peut pas être la variable d’ajustement en permanence sur les revenus. Il faut amener le consommateur à penser autrement", a déclaré Pierre Thomas à La France Agricole. Il estime qu'une "révolution agricole" est nécessaire.

Installer sur des "productions différentes"

"Il faut installer massivement, avec des productions différentes pour lesquelles nous ne sommes pas préparés, poursuit-il.  Mais pas à n’importe quel prix, il faut que les agriculteurs puissent vivre de leur travail. [...] Il faut que les agriculteurs soient bien socialement, il y a la question du revenu, mais aussi celle des conditions de travail. On l'observe avec la décapitalisation en élevage".

Encadrer les marges des distributeurs

"Il y a un gros problème avec la loi Egalim qui n’est pas respectée", estime l'agriculteur de l'Allier. Le Modef revendique de longue date la mise en place de prix garantis par l'État mais aussi de coefficients multiplicateurs pour encadrer les marges de la grande distribution. "Cela limite un certain nombre de dérives, explique Pierre Thomas. Si les marges sont encadrées, les distributeurs ont un intérêt à payer au plus fort les producteurs. Mais l’inconvénient, sur lequel nous devons travailler, est que cela peut favoriser les grandes exploitations. Si on augmente le prix des produits agricoles, on aura des exploitations qui auront intérêt à produire plus. On a besoin d'un minimum d'encadrement".