Lors d’une rencontre avec la presse, le 7 février 2018, Groupama a rappelé la nécessité d’étendre la part de surfaces agricoles couvertes par un contrat multirisque climatique.

 

Aujourd’hui, seulement 26 % des surfaces en grandes cultures, 25 % des parcelles viticoles et 2 à 3 % de celles en arboriculture sont assurés par contrat multirisque climatique. Groupama rappelle que ce niveau de couverture ne permet pas une bonne mutualisation du risque. Il faudrait qu’au moins 50 % des surfaces agricoles soient assurées pour réduire efficacement le coût des cotisations.

 

Pour la campagne de 2017, l’assureur n’a pas observé d’engouement massif. Même après les forts aléas subis par les exploitations en 2016, le nombre de contrats multirisques climatiques n’a pas sensiblement augmenté.

Trouver les moyens d’inciter à la souscription

« Sans incitation [à la souscription], on ne développera pas l’assurance multirisque climatique et les équilibres qui permettent de mutualiser le risque de manière pérenne ne seront pas atteints », insiste François Schmitt, président délégué de la Fédération nationale Groupama.

 

L’assureur appelle les pouvoirs publics et la profession à mettre en place rapidement les avancées obtenues dans le règlement omnibus : abaissement du seuil de déclenchement à 20 % et taux de subvention augmenté de 65 à 70 %. « Nous sommes prêts à mettre en place le nouveau seuil de déclenchement dès la campagne de 2019. L’Italie l’a fait dès cette année. Pour pouvoir négocier un volet “gestion des risques” fort dans la future Pac 2020, il faut montrer l’intérêt et l’attrait des contrats assurantiels », explique François Schmitt, car sinon les détracteurs de ces systèmes diront que cela n’intéresse pas les agriculteurs.

Faire bouger les lignes de la Pac

Pour la campagne de 2017, l’aide à l’assurance récolte représente 110 millions d’euros. Selon l’assureur, à surfaces assurées constantes, il faudrait prélever sur le second pilier 60 millions de subventions supplémentaires pour atteindre le niveau de subvention prévu par le règlement omnibus (70 %). Et 550 à 600 millions d’euros seraient nécessaires pour assurer tous les agriculteurs pour la totalité des productions de la ferme France.

 

Concernant ce transfert, « je reconnais que c’est une décision difficile à prendre étant donné la conjoncture actuelle, ajoute Jean-Yves Dagès, président de la Fédération nationale Groupama. Mais elle est nécessaire pour renforcer l’attrait des contrats multirisques climatiques ».

 

Dans un contexte de prénégociation Pac post-2020, si la France n’est pas capable de flécher dans les deux ans qui viennent ces aides du premier pilier vers la gestion des risques, celles-ci iront aux pays de l’est de l’Union européenne (via la convergence). « Et on aura manqué un rendez-vous historique », explique Jean-Yves Dagès.

Un outil performant

Sur la période de 2005 à 2017, Groupama a versé 2,2 milliards d’euros d’indemnités après un sinistre pour un coût de cotisations après subventions de 1,5 milliard d’euros. Les subventions européennes représentent au total sur cette période 690 millions d’euros.

 

Sur douze ans, la ferme France a donc perçu davantage d’indemnités qu’elle n’a payé de cotisation d’assurance. Encore une fois, Groupama affirme : « Ces contrats ne sont pas rentables pour nous mais nous croyons à l’agriculture française et nous sommes prêts à accompagner les agriculteurs qu’on assure. »