« J’aurai un sujet prioritaire, c’est la réciprocité dans les échanges et les “clauses miroirs” », a déclaré Julien Denormandie le lundi 6 septembre 2021 à la presse, dans une grande exploitation fruitière de la Slovénie, en marge d’une réunion des ministres européens de l’Agriculture.

 

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Exiger les mêmes standards que pour la production européenne

L’objectif est, selon lui, d’exiger des produits agricoles importés les mêmes standards environnementaux et sanitaires que pour la production européenne, en incluant dans les traités commerciaux des « clauses miroirs » assurant la convergence des normes de part et d’autre après signature.

 

Avec mes collègues européens en Slovénie

Des échanges constructifs. Priorité française = créer un consensus politique européen autour de la réciprocité dans les échanges commerciaux internationaux #clausemiroir pic.twitter.com/9woTpFi7Qw

— Julien Denormandie (@J_Denormandie) September 6, 2021

« Si on veut que la transition agroécologique soit encore plus rapide, ça ne peut se faire qu’à une condition : cesser d’importer massivement des produits qui ne respectent pas cette transition », a insisté Julien Denormandie.

Ne pas « importer du carbone et de la biodiversité dégradée »

Le pacte vert européen vise une baisse de moitié de l’utilisation des pesticides d’ici à 2030, avec un quart des terres réservées à l’agriculture biologique. « On ne peut pas avoir un pacte vert qui réduit nos surfaces cultivées et compenser par des importations qui elles-mêmes reviendraient à importer du carbone (des cultures issues de la déforestation, NDLR) et de la biodiversité dégradée », a martelé le ministre français.

 

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Désaccord sur la réforme de la Pac

Au printemps, États membres, Commission européenne et Parlement européen ont échoué à se mettre d’accord pour inclure cette exigence dans les textes législatifs sur la réforme de la politique agricole commune (Pac).

 

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Les eurodéputés voulaient notamment interdire l’importation de produits présentant des traces de pesticides bannis par Bruxelles pour des raisons environnementales, mais certains États s’inquiétaient de contrevenir aux règles de l’Organisation mondiale du commerce.

 

Au final, les institutions ont simplement reconnu dans une déclaration conjointe l’importance d’imposer aux produits importés les mêmes normes environnementales que dans l’Union européenne, chargeant Bruxelles de présenter des propositions.

« On se battra pour ça durant la présidence française »

« On doit passer du volet agricole au volet commercial, on se battra pour ça durant la présidence française », a assuré Julien Denormandie. Le ministre français entend construire « un consensus politique » avec ses homologues avant de voir « quelle forme » pourrait prendre l’exigence de réciprocité commerciale.

 

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« Aujourd’hui, ça paraît aberrant qu’un accord commercial puisse être conclu sans prendre en compte les externalités négatives » comme la déforestation ou la dégradation environnementale, répercutées sur les produits exportés vers l’Union européenne, a-t-il insisté.

 

Le président français Emmanuel Macron a affirmé vendredi que Paris maintiendrait son opposition à l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), le jugeant dans son état actuel non « compatible » avec l’agenda européen climatique et de biodiversité.