Concrètement, à l'exception d'Arkéa, les banques Crédit Mutuel, dont une entreprise française sur trois est cliente, pourront proposer des offres d'Allianz France. Les deux groupes se partageront à 50-50 les primes et l'indemnisation des sinistres. "Cette démarche participe de la volonté de Crédit Mutuel Alliance Fédérale (qui regroupe 14 des 18 fédérations du groupe Crédit Mutuel, NDLR) de proposer des solutions complètes et couvrantes à ses sociétaires et clients, et de devenir le partenaire de choix des entreprises, dans le cadre des travaux de son nouveau plan stratégique qui sera lancé fin 2023", détaillent les deux partenaires dans leur communiqué.

Côté Allianz France, ce partenariat "pourra accompagner davantage de clients sur les marchés de l'entreprise et de l'agricole, conformément à ses objectifs stratégiques". Les deux parties espèrent également, en augmentant le nombre d'assurés, parvenir à une meilleure mutualisation des risques - notamment dans l'assurance récolte dont le fonctionnement est en train d'être redessiné - et à être plus compétitifs.

« Avec cet accord, le Crédit Mutuel affirme sa vocation de bancassureur global, en l’étendant aux marchés de l’entreprise et de l’agriculture", déclare Nicolas Théry, président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale et du conseil de surveillance du groupe des assurances du Crédit Mutuel.

La réaction des agents Allianz

Cette association est cependant très mal perçue par les agents généraux d'Allianz France, des indépendants chargés de distribuer les produits d'un assureur et rémunérés à la commission. "Depuis plusieurs années, les banquiers nous sont désignés par notre mandante comme des concurrents directs. Nombre de déclarations publiques ont d'ailleurs été faites en ce sens. Aujourd'hui, par opportunisme, l'ennemi d'hier devient le partenaire de demain...", expliquait il y a quelques jours auprès de l'Argus de l'assurance Alexis de la Rupelle, président de Mag3, l'union professionnelle des agents généraux Allianz.

Alexis de la Rupelle a écrit au directeur général d'Allianz, Fabien Wathlé, pour lui demander de reconsidérer ce partenariat. Outre la concurrence des banquiers, il craint une mauvaise distribution de contrats mal calibrés, qui viendrait remettre en cause l'équilibre économique de l'ensemble.