Les Nations unies négocient pour sortir les céréales ukrainiennes bloquées dans les silos portuaires de la mer Noire, actuellement truffée de mines. La Russie, qui a envahi son voisin le 24 février 2022, bloque ainsi ces ports et empêche donc l’exportation de ces céréales. Une situation d’autant plus urgente que la prochaine récolte va bientôt arriver.

 

Ces négociations sont menées notamment par le Britannique Martin Griffith, secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, et la costaricienne Rebeca Grynspan, à la tête de la Cnuced, organe des Nations unies chargé du commerce et du développement, a révélé Amin Awad, aux journalistes à Genève, lors d’un point de presse régulier en ligne.

 

L’ONU est jusqu’à présent restée extrêmement discrète sur ces efforts. « Il y a beaucoup de navettes entre Moscou et d’autres pays qui sont inquiets, mais je ne pense pas qu’il y ait une solution qui émerge très clairement pour le moment », a-t-il dit.

Des alliances avec le Sud

Le président sénégalais Macky Sall s’est lui aussi rendu vendredi 3 juin 2022 en Russie pour insister auprès de Vladimir Poutine de « prendre conscience » que les pays africains sont « des victimes » du conflit.

 

Le président russe va donner « une explication complète de sa vision concernant les céréales » bloquées dans les ports ukrainiens, a indiqué le Kremlin.

 

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« La Russie a des alliances dans le Sud », a souligné Amin Awad, rappelant que certains de pays pouvant le plus pâtir de la situation sont des alliés de Moscou. Il se dit donc « optimiste » quant au fait que les appels de ces pays en développement pourraient pousser Moscou à lâcher du leste. Il pourrait y avoir « une percée à moment donné ». « Mais ces négociations sont très complexes, elles se déroulent sur plusieurs fronts », a-t-il assuré.

 

La clé de la faim dans le monde

Selon l’ONU, 1,4 milliard de personnes dans le monde pourraient être affectées par la pénurie de blé et d’autres céréales. « Les ports de la mer Noire sont donc, pour ainsi dire, la solution miracle pour éviter les famines mondiales », a affirmé aux journalistes Matthew Hollingworth, le coordinateur d’urgence pour le Programme alimentaire mondial (PAM) en Ukraine. Mais, a-t-il dit, sans cette solution miracle, les Nations unies vont devoir trouver d’autres solutions pour maintenir les exportations ukrainiennes. Il a expliqué que le développement de solutions alternatives par voie ferrée ou la route peuvent être utiles mais ne pourront jamais atteindre les volumes du transport maritime.