« Arrêtez de nous pomper » ou « Qui sème la misère récolte la colère », pouvait-on lire sur les tracteurs et camions déversant paille, fumier et pneus devant ce dépôt pétrolier, situé à Lespinasse à une dizaine de kilomètres au nord de Toulouse.

 

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Les agriculteurs « ne s’en sortent plus »

L’opération, menée par les Jeunes agriculteurs (JA) de Haute-Garonne, « est un cri d’alerte », a indiqué à l’AFP Nicolas Ates, secrétaire général du syndicat, soulignant que les agriculteurs du département « ne s’en sortent plus ».

 

« Le GNR est passé de 80 centimes TTC en mars 2021 à 1,15 euro aujourd’hui : ça implique peut-être, demain, la fin des exploitations haut-garonnaises, parce qu’on est un des derniers départements de France en termes de revenus agricoles », dit-il.

Toutes les charges augmentent

Consommant plusieurs milliers de litres de GNR par an, selon la taille de l’exploitation, les agriculteurs peinent à faire face aux hausses successives du baril de pétrole, qui avoisine la barre des 90 euros.

 

« Mais tout le reste augmente aussi : les pneumatiques, la ferraille, les engrais azotés. On ne s’en sort plus, et si ça continue, bientôt il n’y aura plus d’exploitations en Haute-Garonne », déplore ce producteur d’ail et d’échalotes.

 

Si les agriculteurs tiraient davantage de revenus de leurs exploitations, « ils pourraient les diversifier et les rajeunir. Et ainsi créer des outils de transformation leur permettant d’alimenter la ville de Toulouse », avance Nicolas Ates.