Les sections départementales de la FNSEA et de Jeunes Agriculteurs (JA) restent mobilisées jusqu’à la fin des négociations commerciales. Ainsi, environ 200 agriculteurs accompagnés d’une soixantaine de tracteurs ont répondu à l’appel à manifester de la FDSEA et des JA de la Sarthe, dans le centre-ville du Mans le mardi 15 février 2022 au soir. C’est ce que rapporte Sacha Thomas, chargé de la communication de JA interrogé par La France Agricole.

 

« Ce qu’on demande, c’est une action concrète et très rapide de l’État pour faire respecter la loi Egalim 2 pour la juste rémunération des producteurs lors des négociations commerciales », résume Maxime Guimbreteau (JA) à La France Agricole.

 

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Table-ronde avec industriels et grande distribution

Après s’être réunis sur la place des Jacobins, les manifestants se sont rendus devant la préfecture, où une délégation avait rendez-vous avec le préfet. Ce dernier s’est engagé à envoyer une invitation aux industriels et GMS (grandes et moyennes surfaces) du département pour une table-ronde en présence des syndicats, la semaine prochaine. « Nous avions réclamé une convocation », souligne Maxime Guimbreteau, membre de la délégation.

 

« Si industriels et GMS acceptent l’invitation, on a conscience que tout ne sera pas réglé du jour au lendemain, mais on espère y voir plus clair. On veut de la transparence, et des contrôles de l’État pour sanctionner ceux qui ne jouent pas le jeu. Ce n’est pas à nous de contrôler et de signaler des anomalies de prix ou de promotions », ajoute-t-il.

 

Avec la nouvelle règle Egalim 2, les négociations ont pris un mois de retard par rapport à l’année dernière. Des contrats risquent d’être signés dans la précipitation pour tenir l’échéance du 28 février (date de fin des négociations), explique-t-il. « Et si les contrats ne respectent pas la loi, beaucoup ne tiendront pas une année de plus. »

« L’état n’applique pas sa propre loi »

« Egalim 2 exige un certain pourcentage d’aliments bio ou sous Siqo (signe officiel de qualité) en restauration collective, mais celles-ci ne sont pas prêtes à payer plus cher. L’État n’applique pas sa propre loi, dénonce Maxime Guimbreteau. On espère que le préfet fasse remonter nos revendications. »

 

D’autres sujets tels que les ZNT riverains (zones de non-traitement), la cellule Demeter et la restauration collective ont été abordés avec le préfet, sans trop de réussite, estime le jeune agriculteur.

Pression jusqu’à la fin des négociations

Devant la préfecture les manifestants ont déversé le contenu de plusieurs remorques remplies de déchets. Ils les ont ensuite recouverts de paille avant d’y mettre le feu. Ils se sont aussi rendus devant plusieurs grandes surfaces de l’agglomération pour y déverser le reste des détritus en signe de protestation face à la tournure prise par les négociations, expliquent les syndicats.

 

Les syndicats préparent déjà de nouvelles sorties. « On va monter en puissance, jusqu’au 28 février, assure Maxime Guimbreteau. Il y a longtemps qu’on ne s’était pas mobilisés comme ça. »