Le Premier ministre Jean Castex, accompagné du ministre de l’Agriculture Julien Denormandie, a annoncé le 16 mars un « plan de résilience » pour sécuriser les entreprises françaises des conséquences du conflit russo-ukrainien. Le secteur agricole bénéficiera d’un train de mesures de court et long terme.

 

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Un plan nécessaire, selon la FNSEA

C’est « un premier pas indispensable pour continuer à produire », a réagi la FNSEA, saluant les « soutiens directs et rapides » pour l’élevage, sur le gaz ou l’électricité et les prises en charge de cotisations sociales. Le syndicat majoritaire compte aussi sur l’État pour vérifier la renégociation des contrats et la prise en compte des hausses de coûts de production par les distributeurs.

 

Pour les carburants, la FNSEA regrette que sa demande d’une remise de 30 c€/litre de carburant n’ait pas été retenue, et reste limitée à 15 c€/l à compter du 1er avril et pour quatre mois.

Des mesures insuffisantes, estime la filière laitière

L’inquiétude est plus forte chez à la fédération des producteurs de lait, la FNPL, qui craint un « déclin irréversible » de la filière laitière avec une « décapitalisation du cheptel ». Pour l’association spécialisée de la FNSEA, les mesures annoncées « sont nécessaires, mais insuffisantes au regard des enjeux », et elle réclame des « aides conjoncturelles dédiées ».

 

La réouverture des négociations commerciales, déjà annoncée, doit « impérativement partir du prix payé aux producteurs », lequel doit être calculé « à partir des indicateurs de prix de revient interprofessionnels qui prennent en compte nos charges actuelles », insiste la FNPL.

 

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Soulagement chez les producteurs de fruits et légumes

L’interprofession Interfel se félicite du plan de souveraineté français et européen consacré aux fruits et légumes frais annoncé par le Gouvernement. Interfel a des propositions pour la mise en œuvre de ce programme.

L’Ania, l’organisation des industries agroalimentaires, salue les mesures en faveur de la trésorerie (prêts garantis par l’État, report de charges) et la réouverture des négociations commerciales avec les distributeurs (espérant notamment revenir sur les pénalités logistiques appliquées par ces derniers). Seul point d’inquiétude : la bonne mise en place du « bouclier énergétique » qui prendra en charge les pertes des entreprises les plus consommatrices. L’Ania sera « vigilante à la bonne adéquation entre les dispositifs et la réalité des entreprises ».

 

Enfin, Dominique Chargé, le président de La Coopération Agricole, s’est dit satisfait de l’ensemble des mesures annoncées pour le secteur agricole et agroalimentaire.

Un plan qui « finance les dépendances », dénonce la Conf’

La Confédération paysanne se montre nettement plus critique. Ce plan « finance les dépendances » et « cautionne la logique libérale du marché mondial », dénonce le syndicat,

qui milite pour « l‘autonomie » et une « réelle transition agroécologique ».

 

Les mesures « construisent une souveraineté alimentaire de façade » en perpétuant « les déséquilibres du marché » tout en préservant « les énormes bénéfices des monoculteurs-céréaliers », estime la Confédération paysanne. Elle réclame l’interdiction de « la spéculation sur les produits alimentaires » et un contrôle des prix des céréales.

Un plan « déconnecté des enjeux » pour le CR

La Coordination rurale (CR) considère que le plan n’est que « mesurettes », à part les 400 M€ aux éleveurs. La veille, la CR avait appelé à des « mesures fortes » pour « organiser la production » : baisse des charges, répercussion des coûts de production aux consommateurs, augmentation des surfaces productives en levant les obligations de non-production (SIE, jachère, ZNT, etc.).

 

« La coopération doit prendre le pas sur la concurrence », enjoint le Modef, qui demande « des mesures concrètes pour arrêter la spéculation sur les marchés de l’énergie et des intrants ».