Le 18 septembre 2019 restera gravé dans les mémoires des Lignacois. En milieu de journée, un incendie s’est déclaré aux abords de ce village du sud de l’Indre, et a détruit plus de 600 ha, soit un dixième de la surface totale de la commune. Les flammes ont encerclé le Four, un lieu-dit qui porte bien son nom, des maisons ont été évacuées et 300 sapeurs-pompiers, venus de sept départements et aidés par une cinquantaine d’agriculteurs, ont été mobilisés.

« Des flammes de 15 mètres de haut »

« C’était la première fois que l’on voyait un tel incendie, avec des flammes de 15 mètres de haut. Le vent était particulièrement violent. On s’est senti impuissant, mais il y a eu une grande solidarité », souligne Francis Berthon, polyculteur-éleveur allaitant avec son frère Pascal, dont 50 ha ont brûlé.

 

La gendarmerie a ouvert une enquête, mais les causes de l’incendie restent inconnues. « Les circonstances sont douteuses car il n’y avait pas d’engins dans les champs à midi. Les dégâts sont énormes », ajoute Francis qui a constitué une association avec les quinze autres agriculteurs sinistrés.

Le bocage détruit

Six mois après, les traces du feu sont encore visibles dans le bocage, situé dans le parc naturel de la Brenne : les haies sont brûlées sur plus de 6 km autour du village, les arbres noircis, les bâtiments endommagés. À l’image de celui de Frédéric Gillet, qui stockait de la paille dans 280 m2 : « J’ai touché une indemnisation de l’assurance de 30 000 €. Maintenant, il faut reconstruire. C’est du travail supplémentaire. »

 

Et du travail, les éleveurs du secteur vont en avoir, car il faut nettoyer les champs et remonter toutes les clôtures. « Nous avons eu une bonne pousse d’herbe à l’automne, mais nous n’avons pas pu la valoriser car rien ne retient les animaux. Or nos stocks de foin étaient déjà bas à cause de la sécheresse. Sans les haies, on perd l’âme du bocage », ajoute William Roels, également polyculteur-éleveur à Lignac.

 

Les éleveurs estiment qu’il faudra un an pour mesurer l’impact du feu sur les prairies, sans compter les nombreux arbres qui pourront tomber dans les années à venir. L’association, qui s’est portée partie civile, espère faire entendre la voix des agriculteurs et pourrait servir de groupement d’achat pour les piquets des clôtures.

Aude Richard