« Faute d’accès à des données sexuées, nous avons réalisé une étude qualitative plutôt que quantitative », a regretté Ione Jackson Wall, sociologue, le 25 septembre 2021 au lycée Jean-Errecart de Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques).

 

Elle a mené 27 entretiens individuels auprès de cheffes d’exploitation. L’étude révèle plusieurs stéréotypes, sociaux et familiaux, malgré les avancées juridiques, qui font penser aux hommes que c’est désormais un non-sujet. Quant aux agricultrices, elles adoptent deux types de réactions. D’une part, des tactiques d’ajustement, c’est-à-dire qu’elles développent leur propre atelier sur la ferme, pour gagner en autonomie et reconnaissance. Elles font preuve de créativité pour moduler l’espace, les outils et les emplois du temps.

 

D’autre part, les jeunes cheffes d’exploitation, n’arrivant pas à se faire entendre dans les fermes­ et instances tradition­nelles, développent des stratégies d’évitement, en choi­sissant de s’installer ­seules,­­ de créer des réseaux féminins.

Besoin d’échanger

En quête de légitimité, elles s’engagent dans des structures agricoles, à vocation sociale (MSA, service de remplacement), en lien avec la diversification (l’agritourisme, la transformation) ou l’administratif (centre de gestion), plutôt que dans les Cuma, où les administratrices sont rares.

 

Alazne Intxauspe, maraîchère, a témoigné du travail au Pays basque sud, qui repose sur des groupes féminins répondant au besoin d’échanger et de partager dans un environnement sécurisant, sur de la formation, une maîtrise des systèmes juridiques, l’égalité des chances dans la gouvernance. Les femmes du groupe de travail de l’étude ont résumé les disparités vécues au quotidien par une pièce de théâtre.