Au début des années 2000, Claude Gibert a converti sa ferme de Sainte-Juliette (Tarn-et-Garonne) à l’agriculture biologique. Quatre hectares de raisin de table, 3 ha d’ail et d’oignon, 5 ha de méteil pour son voisin éleveur de chèvres et 55 ha en polyculture sur ses « terres labourables », où il cultive dix à seize références Pac, selon les années. Blé, tournesol, lin oléagineux, lentilles, pois chiche, épeautre, soja… sont ainsi livrés à la coopérative Qualisol à Castelsarrasin, dont il est administrateur. À ses côtés, Jean-Baptiste, son fils, avec qui il fabrique des jus de fruits bio et, bientôt, des soupes.

Un partenariat Ethiquable et Biocoop

 

« La coopérative vend nos légumineuses et nos graines, sous la marque Monbio, en partie à la Scop Ethiquable, dans le cadre de sa charte “Paysans d’ici”, et au réseau Biocoop, qui développe la démarche équitable “Ensemble” depuis 2001. Nous avons l’habitude de travailler avec ces deux partenaires, qui lancent le label Bio équitable en France », explique-t-il. Avec vingt-sept groupements agricoles représentant quatre mille producteurs, Ethiquable et Biocoop ont créé, mi-mai, une association pour développer le label.

 

Les entreprises de transformation sont associées dans la gouvernance, afin de créer des filières cohérentes. « Il ne s’agit pas d’une marque d’entreprise ou de distributeur, mais d’un véritable label reconnu sur le plan national, qui sera en place en novembre », poursuit Claude Gibert. Deux organismes de contrôle sont habilités à l’auditer, Tero et Ecocert.

Un groupement de producteurs

 

En amont, pour accéder à la démarche, les agriculteurs doivent faire partie d’un groupement de producteurs, qui établit un prix minimum de vente pour chaque produit. Celui-ci tient compte des coûts de production, des risques agricoles et des frais du groupement. Il assure une « rémunération suffisante pour améliorer le niveau de vie des producteurs et de leur famille » et une marge pour pouvoir investir. Les metteurs en marché verseront aux groupements un minimum de 1 % du chiffre d’affaires réalisé, pour alimenter un fonds de développement destiné à renforcer la dynamique collective et améliorer les conditions sociales, économiques et environnementales des producteurs.