Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, était en croisade pour défendre la hausse des prix des produits alimentaires, sur BFMTV le 25 août 2022. Elle a estimé que les Français doivent hiérarchiser des priorités et que « se nourrir c’est le premier besoin des Français ».

Un risque d’hémorragie blanche

« Si les consommateurs ne consentent pas à soutenir les agriculteurs français et notamment ceux qui souffrent le plus en ce moment, les éleveurs, on risque une hémorragie blanche, une perte de production laitière. Qu’est ce qu’on fera des bons fromages des bons yaourts, la notoriété de l’alimentation à la française est en danger aussi », s’inquiète-t-elle.

 

Christiane Lambert considère que les hausses des prix des produits alimentaires ne sont pas « spectaculaires » comme le titrent certains médias. « L’énergie c’est spectaculaire à + 39 %. Le Gouvernement a fait un plan pour aider par rapport à l’énergie et pour l’alimentation j’appelle vraiment le consommateur à la solidarité, et ils le sont ! Regardez le succès des marques éthiques ou de C’est qui le patron ! Mais quand certains distributeurs n’ont qu’un seul slogan, venez chez moi, c’est moins cher, cela complique vraiment la lecture pour les Français. »

Contre la politique des prix bas

Et l’agricultrice de dénoncer à nouveau la politique de prix bas en vigueur depuis plusieurs années et notamment la position du président du comité stratégique des centres Leclerc. « On voit les dégâts, si on a 60 % d’importation de fruits aujourd’hui c’est parce que Michel Édouard Leclerc, entre autres, chevalier blanc des prix bas, a dit venez chez moi c’est moins cher. C’est moins cher en Espagne, en Grèce, en Italie, quand il veut trouver des fruits, mais ils ne sont pas produits dans les mêmes conditions. Les salariés ne sont pas payés comme les salariés français. Ça supprime des emplois, des exploitations, ça désertifie des territoires. Allez voir les Pyrénées-Orientales, l’Ardèche et la Drôme », a lâché Christiane Lambert.

 

 

Une situation exceptionnelle à plusieurs titres

Christiane Lambert a rappelé que la situation n’est pas le fait d’une seule cause, mais du cumul de la flambée de l’énergie, de l’effet Ukraine, et de l’effet sécheresse. « C’est beaucoup pour une seule année ! C’est beaucoup pour les producteurs, qui voient leur revenu fondre et qui comprennent les préoccupations des consommateurs. Mais il faut aussi comprendre la préoccupation d’un éleveur qui se lève tous les matins, qui soigne ses animaux tous les jours 24 heures sur 24, samedi, dimanche et jours de fêtes, réveillon compris. »

 

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Pas de vaches « premier prix »

Christiane Lambert a prix l’exemple du lait premier prix à 72 centimes. « En France nous sommes un des rares pays à avoir du lait premier prix. Moi je n’ai pas d’éleveurs qui ont des vaches premier prix ! Ils ont des vaches. ». La présidente de la FNSEA estime qu’il faudrait que le lait soit vendu 1 € le litre, comme en Allemagne, pour rémunérer correctement les producteurs.