C’est une histoire qui tourne en boucle. Le 13 octobre 2020, alors qu’une nouvelle période de négociations commerciales s’ouvrait, le ministre de l’Agriculture et la ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie ont lancé un énième rappel à l’ordre pour que les outils de la loi Egalim du 30 octobre 2018 soient pleinement exploités. Deux mois après, la guerre des prix redoutée est bien là et la mission confiée à Serge Papin n’a pour l’instant rien changé.

Une déflation générale de « –2 à –4 % »

« Le début des négociations commerciales marque le retour de la guerre des prix dans un contexte social et économique difficile pour les entreprises. Il y a une demande de déflation générale de la part de tous les distributeurs de –2 à –4 % alors qu’il y a une nécessité de revaloriser les tarifs des fournisseurs pour tenir compte de la hausse du prix des matières premières comme les céréales, expliquait Dominique Chargé, président de La Coopération agricole, le 16 décembre 2020 lors d’une conférence de presse. Alors qu’il est nécessaire d’avoir une revalorisation des prix 2 à 4 % pour prendre l’ensemble de ces hausses. Nous sommes de nouveau dans une situation conflictuelle ».

La hausse des coûts de production mise de côté

Alors que la Confédération paysanne avait déjà tiré la sonnette d’alarme le 3 novembre 2020, le constat dressé par Dominique Chargé est partagé par la FNSEA. « Les agriculteurs doivent être en capacité de répercuter la hausse de leurs coûts de production via leurs acheteurs et les transformateurs : des hausses structurelles liées aux exigences toujours plus grandes de l’aval (environnement, bien-être animal, réduction des produits phytosanitaires…), des hausses conjoncturelles comme actuellement le coût de l’alimentation animale qui flambe au moins depuis septembre », a souligné le syndicat dans un communiqué du 16 décembre 2020.

Le lait retombe dans ses travers

Si Dominique Chargé n’a pas de données « suffisamment solides » pour détailler la déflation demandée par les distributeurs à chaque filière, les signaux « positifs » salués notamment par la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) lors de la dernière période de négociations commerciales semblent en tout cas ne plus être d’actualité aujourd’hui. « Il y a un enjeu sur l’ensemble des filières. Celles qui avaient progressé comme la filière laitière, reculent aussi », souligne le président de La Coopération agricole.

 

Il reste un peu plus de deux mois pour que les distributeurs acceptent de déplacer leurs curseurs. Les négociations commerciales se termineront à la fin de février.