Après avoir lancé la plateforme de recrutement « Des bras pour ton assiette » lors du premier confinement, la start-up marnaise Wizifarm vient de signer un accord-cadre avec l’association des départements de France présidée par Dominique Bussereau, pour accélérer l’insertion en agriculture des titulaires du revenu social d’activité (RSA).

 

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Le vivier du RSA

Cette convention est à la rencontre de deux problèmes. En agriculture, le besoin de recrutement de saisonniers « permanents » et locaux a été bien mis en évidence par la fermeture des frontières à l’occasion du premier confinement mis en place au printemps à cause de l’épidémie de Covid-19.

 

Pour les gestionnaires des départements, la crise économique risque de se traduire par une augmentation du budget du RSA dont ils ont la charge. « Pour un département comme la Marne, la ligne budgétaire du RSA se monte à 90 millions d’euros et les différents départements l’envisagent en hausse de 15 à 30 % », explique Jean-Baptiste Vervy, le directeur de Wizifarm.

 

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« C’est le moment de recruter »

Son entreprise lance une expérimentation avec le département de la Marne à la fin de 2020. Il envisage de l’étendre, grâce à l’accord-cadre qui vient d’être signé, aux autres départements volontaires. À travers la plateforme internet historique de l’entreprise, Mission.wizi.farm, le projet consiste à repérer, avec une bonne dose d’intelligence artificielle, les titulaires du RSA qui seraient intéressés par le travail agricole. D’un autre côté, la plateforme cherche à rassurer les agriculteurs employeurs en vérifiant la motivation et les capacités initiales des candidats.

 

Du point de vue de l’employeur, Wizifarm cherche à élever le niveau de confiance qu’il peut accorder à la plateforme. « L’intelligence artificielle et les tests en ligne permettent d’accélérer la mise en relation efficace entre les candidats et les employeurs mais ces techniques ne remplacent pas l’humain pour vérifier le savoir-être des candidats », estime Jean-Baptiste Vervy.

 

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Jean-Baptiste Vervy a bien conscience que le public des titulaires du RSA peut demander un effort aux employeurs qui s’attendent à une pleine efficacité immédiate. « Pourtant, c’est vraiment le bon moment pour recruter dans le monde agricole même s’il faut passer par un temps de formation supplémentaire. C’est un des moyens de montrer que les agriculteurs jouent un rôle dans la sortie de crise. L’agriculture ne s’arrête pas pendant le confinement. Elle propose des emplois nécessaires et non délocalisables. Recruter localement, c’est aussi un moyen de défendre l’image de marque de l’agriculture auprès des concitoyens », argumente Jean-Baptiste Vervy.