À l’occasion du colloque « Les transitions agricoles au défi du changement d’échelle » organisé le 15 octobre par la fondation Avril, le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie est revenu sur les défis majeurs qui attendent l’agriculture française.

Continuer la transition agroécologique

« Les agriculteurs sont des entrepreneurs, ils sont à même de mettre en place des transitions », selon le ministre. L’agriculture est innovante, avec de nouvelles technologies qui devraient permettre au monde agricole de s’affranchir d’intrants. Sur le sujet de l’eau, le ministre a rappelé que l’agriculture ne pourrait s’en passer, « même si certains pensent qu’on peut faire sans », a-t-il glissé.

 

« Le monde rural est en transition, a-t-il poursuivi. Les agriculteurs ont su s’adapter aux demandes de la société. [...] Ce serait un procès malvenu et infondé de penser le contraire. » Julien Denormandie a également rappelé le rôle de la Pac dans l’accompagnement vers la transition écologique et son souhait de voir converger les exigences environnementales de chaque État membre.

Reconquérir la souveraineté alimentaire

C’est l’un des grands objectifs que s’est fixé Julien Denormandie. Un défi de taille pour une agriculture française dépendante et « organisée depuis plus de cinquante ans par des traités internationaux », a-t-il complété. Tout en mettant à l’honneur la qualité de l’agriculture nationale et la nécessité de consommer des « produits frais et français », le ministre a tenu à rappeler l’importance d’avoir une agriculture exportatrice.

 

Une reconquête de la souveraineté qui pose inévitablement la question du renouvellement des générations futures alors que les données démographiques montrent que près de la moitié des exploitants agricoles risquent de prendre leur retraite dans les 10 ans à venir. « La richesse de l’enseignement agricole est immense […]. Pourtant nous avons de moins en moins d’apprenants en lycée agricole », a déploré Julien Denormandie. Une grande campagne de communication autour des métiers du vivant doit être prochainement lancée, financée par le Plan de relance.

 

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Autre question soulevée, celle du foncier et des retraites : l’accès à la terre est trop onéreux pour un jeune qui s’installe mais constitue une rente indispensable pour compenser une trop petite retraite d’agriculteur.

Renouer avec la société

La société s’interroge de plus en plus sur l’agriculture, « on perçoit de plus en plus le rôle de l’alimentation et donc des agriculteurs sur notre santé ». Alors que les exigences de la société se précisent, le ministre dénonce la « cohabitation des contraires », prenant exemple sur les injonctions sociétales en termes de bien-être animal alors que les consommateurs ne souhaitent pas voir les prix augmenter. De même pour les productions végétales soumises aux injonctions écologistes. « La transition a un coût, a conclu Julien Denormandie. S’il n’y a pas de prix pour l’accélérer alors cela mettra plus de temps. »