Avant même que l’Europe ne soit frappée de plein fouet par la crise sanitaire du coronavirus, les conséquences du confinement chinois se faisaient ressentir sur la filière photovoltaïque. Dans le cadre du Conseil national de l’industrie (CNI), le gouvernement a mis sur la table la réindustrialisation de plusieurs activités et la sécurisation des approvisionnements stratégiques.

 

Alors que la transition énergétique est embrayée, les panneaux photovoltaïques ont vu chuter leur coût de production, pour en faire une des sources d’électricité les moins chères du marché, plusieurs acteurs européens de la filière ont appelé à une relocalisation rapide de cette industrie, tandis que la Chine prévoit de construire une usine dimensionnée pour alimenter à elle seule la moitié du marché mondial actuel.

 

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Réindustrialiser une « filière stratégique »

L’association européenne SolarPower Europe regroupe des entreprises de plusieurs pays du vieux continent. Elle demande qu’un plan soit défini au niveau européen et que la Commission européenne reconnaisse ce secteur comme stratégique. Aujourd’hui, la production européenne de panneaux solaires est infime, dans un marché fourni à 80 % par la Chine. Dans le top 10 mondial des fabricants de modules photovoltaïques, sept sont chinois. Les trois autres places sont occupées par des sociétés du Canada, de la Corée du Sud et des États-Unis.

 

Intégrer le plan européen de relance verte (Green deal) est un objectif prioritaire pour la filière, notamment après la publication d’un communiqué de l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena). Cette dernière a détaillé comment le développement des énergies renouvelables peut contribuer à une récupération économique résiliente et équitable.

 

Plusieurs dizaines d’associations et d’instituts de recherche ont attiré l’attention de l’exécutif français à ce sujet. Ils rappellent l’excellence technologique européenne en la matière et la part croissante du transport dans le prix d’un module photovoltaïque, aujourd’hui 10 %, d’après Richard Loyen, délégué général du syndicat du solaire Enerplan. Dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le syndicat AuRA Digital solaire estime un potentiel de 10 000 emplois dans la fabrication et l’installation de panneaux photovoltaïque d’ici à 2030.