Après l’annonce, par le Premier ministre le samedi 29 février 2020, d’un recours au 49.3 pour adopter le projet de réforme des retraites à l’Assemblée nationale, les syndicats agricoles s’unissent pour demander « une revalorisation immédiate des retraites agricoles à 85 % du salaire minimum ». Pour les signataires, il s’agit d’une « mesure de décence sociétale et de justice sociale ».

 

À lire aussi :Parole de président, toujours pas de revalorisation des retraites agricoles en 2020 (22/02/2020)

Front commun

Dans la tribune publiée le lundi 2 mars 2020, les syndicats rappellent qu’une promesse a été faite en ce sens aux pensionnés actuels en 2018 au nom du gouvernement et du président de la République, par les ministres Agnès Buzyn et Christophe Castaner devant le Sénat.

 

En moyenne, les pensions mensuelles des agriculteurs s’élèvent à 740 euros (760 € pour les hommes et 580 € pour les femmes), bien loin des 1 390 euros moyens de l’ensemble des retraités français.

Faciliter le renouvellement des générations

Les signataires demandent par ailleurs que « le futur dispositif de retraite pendant la période de transition soit adapté à tous les statuts agricoles, notamment aux conjoints collaborateurs, qui ne pourraient justifier d’une carrière complète. »

 

En effet, le projet de loi prévoit un minimum de pension de 1 000 euros nets par mois pour les nouveaux retraités à carrière complète, à compter du 1er janvier 2022. Mais rien n’est précisé concernant les conjoints collaborateurs et les aides familiaux dont le sort pourrait être défini par des ordonnances dont on ne connaît pas le contenu.

 

« L’ensemble du monde agricole, toutes tendances confondues, ne comprendrait pas le refus de ces adaptations alors que d’autres régimes spécifiques ont déjà obtenu des aménagements très larges dans le projet de texte actuellement à l’étude », poursuit la tribune qui souligne que le relèvement des petites retraites agricoles « permettra aussi de favoriser le renouvellement des générations ». Un challenge pour la profession alors que près de la moitié des paysans pourraient cesser leur activité dans les dix années à venir.