« Lors des dix dernières années, le nombre d’agriculteurs de notre région a diminué de 20 % », pointe Vincent Landriot, président du Cerfrance Bourgogne Franche-Comté, le 27 juin 2022 lors de la conférence régionale de l’agriculture en Bourgogne France-Comté ; Alors qu’un exploitant sur deux a plus de cinquante ans, seuls deux départs sur trois sont remplacés.

 

Derrière cette moyenne, se cachent de profondes disparités : le taux de remplacement atteint 60 % dans la Nièvre et l’ouest de la Saône-et-Loire, des zones d’élevage allaitant, tandis qu’il frôle les 100 % dans le Doubs où la filière fromagère AOP Comté-Morbier-Mont d’Or assure des revenus et conditions de vie satisfaisantes aux producteurs.

L’adéquation entre l’offre et la demande

« Jamais les agriculteurs n’ont été aussi aussi incertains sur leur succession, commente le sociologue François Purseigle. La question du renouvellement se pose dans un contexte de grande diversité des structures agricoles. L’exploitation d’aujourd’hui n’est plus seulement une ferme. C’est souvent une entreprise agricole, commerciale voire industrielle, insérée dans des réseaux de délégation de travail (ETA, Cuma…) et un tissu de sociétés extérieurs (photovoltaïque, commercialisation, transformation…). ».

 

Plus que la question du repérage des exploitations à reprendre, c’est celle de l’adéquation entre l’offre et la demande qu’il faut travailler. Même les enfants d’agriculteurs ne se retrouvent plus dans l’organisation des exploitations et la conception du travail de leurs parents.

 

La nouvelle génération est passée par le salariat, et vit dans 80 % des cas avec un conjoint qui travaille à l’extérieur. Elle ne se contentera pas de mettre ses pas dans ceux des cédants. L’exploitation n’est plus une assignation à un projet patrimonial, mais un lieu où les nouveaux entrants entendent mener leurs projets individuels. Quelle sera la capacité de la profession et des pouvoirs publics à les accompagner ?