Comme les salariés agricoles travaillent souvent dehors, ils sont particulièrement exposés au risque caniculaire en ce moment. Les conseils pour se protéger de la chaleur intense relèvent surtout du bon sens mais il revient à l’employeur de s’en assurer, voire de les devancer.

 

Le Code du Travail est sans ambiguïté sur ce point : il revient à l’employeur de protéger la santé des salariés, selon un décret du 19 décembre 2008. À ce titre, il peut même prendre des mesures contraignantes pour assurer la protection du salarié. En particulier, il peut être amené à mettre en place une organisation différente du travail, y compris les horaires, pour éviter l’exposition trop forte à la chaleur. Par exemple, il peut imposer d’embaucher plus tôt dans la journée ou de faire des pauses plus fréquentes.

De l’eau fraîche à disposition

Dans l’urgence de la crise, l’employeur doit mettre gratuitement à disposition des travailleurs une quantité suffisante d’eau fraîche à proximité des lieux de travail. La quantité suffisante n’est précisée que pour les travailleurs des bâtiments et travaux publics mais elle donne une bonne indication générale : au moins trois litres d’eau par personne et par jour travaillé.

 

L’employeur est tenu aussi de fournir aux salariés des moyens de protection et, si le travail s’effectue dans un local, une ventilation efficace. Là encore, le point suivant n’est précisé que pour le secteur du bâtiment et travaux publics mais il relève du bon sens : il faut s’assurer que le port des équipements de protection individuelle (EPI) est compatible avec les fortes chaleurs.

En cas d’alerte rouge

Des dispositions spécifiques s’ajoutent lors le département est placé en alerte rouge pour fortes chaleurs. Ce qui est le cas de toute la façade atlantique (sauf les Pyrénées-Atlantiques) pour le lundi 18 juillet 2022. Vous pouvez connaître les alertes de votre département avec les SMS ou tweets d’alerte de la préfecture ou sur le site spécialisé de Météo-France.

 

L’employeur est alors tenu à une réévaluation quotidienne des risques par chacun des salariés en fonction des températures et de leur évolution dans la journée, de l’âge et de la santé des salariés (maternité, pathologies chroniques, handicaps), des conditions de travail, en particulier en plein air, ou dans un espace déjà chaud (machines) ou si la fonction impose de porter des charges lourdes. En fonction de ces informations, l’employeur adapte les horaires, la charge de travail et réexamine la liste des travailleurs pouvant exercer en télétravail. Si cette évaluation fait apparaître que les mesures sont insuffisantes, l’employeur doit décider alors de l’arrêt des travaux.

Le risque thermique dans le DUER

Enfin, comme pour tout ce qui concerne la protection des salariés, le document unique d’évaluation des risques (DUER) doit contenir une partie sur les risques thermiques. Depuis 2002, le DUER s’impose à tout employeur dès le premier salarié, apprenti, stagiaire ou aidant familial. Il recense, poste par poste, les dangers auxquels sont soumis les travailleurs.

 

Il doit être révisé au moins une fois par an. Son rôle a encore été renforcé par la loi Santé au travail de 2021 puisqu’il n’est plus demandé de seulement indiquer les mesures à prendre mais à s’assurer de leur effectivité. Pour l’employeur, ce document peut devenir un outil de sécurisation juridique puisqu’il peut lui permettre de démontrer qu’il a pris les mesures de protection du salarié, comme le Code du Travail le lui oblige.

 

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