« La volonté, c’est d’agir sur tous les leviers qui permettent de tracer un avenir et des perspectives. C’est bien une loi d’orientation [agricole] dont il s’agit », a déclaré Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture, sur France Inter le samedi 9 juillet 2022.

 

Interrogé sur la loi d’orientation agricole, Marc Fesneau a dressé un tableau des principaux leviers qui permettront sa réussite. Selon le ministre, cette loi prévue pour 2023 traitera avant tout d’installation et de cession d’exploitation. Marc Fesneau a rappelé que « dans les 10 ans qui viennent, 60 % des agriculteurs vont pouvoir partir à la retraite, [ce qui représente] plus de 200 000 agriculteurs ».

« Le prix [doit se construire] à partir du coût des agriculteurs »

Le premier point abordé par le ministre est celui de la rémunération des agriculteurs qu’il définit selon plusieurs éléments :

  • « La capacité à faire en sorte que dans la chaîne de valeur alimentaire, le prix se construise à partir du coût des agriculteurs » ;
  • Le fait de pouvoir mieux organiser le marché d’« un certain nombre de filières par rapport à la demande des consommateurs », et en particulier vis-à-vis des investissements parfois lourds en termes de modifications de pratiques ou de produits ;
  • « La capacité à moderniser nos industries agroalimentaires dans un contexte supplémentaire de décarbonation » ;
  • Une « réflexion sur une agriculture de qualité […] car l’acte consommateur est important. […] Nos emplettes c’est aussi l’orientation de notre agriculture parce que derrière le consommateur, il y a un citoyen et derrière le produit, on peut toujours penser qu’il y a un agriculteur ».

« La moitié des installations vont se faire en dehors du cadre familial »

Le deuxième levier de cette loi d’orientation est de favoriser l’installation. Pour Marc Fesneau, les dérèglements économiques et climatiques actuels entraînent un manque de visibilité économique lors d’une installation.

 

« Avec le nombre d’agriculteurs que nous avons, la moitié des installations vont se faire en dehors du cadre familial, c’est-à-dire des jeunes qui, en première génération, ne sont pas issus de parents agriculteurs », poursuit le ministre. Partant de ce constat, il explique que le gouvernement a travaillé sur un modèle permettant de « mieux attirer ces jeunes-là et évidemment les jeunes fils d’agriculteurs ».

 

Pour Marc Fesneau, un élément important dans l’installation est l’accès au foncier, et notamment dans les zones périurbaines où s’exerce une conflictualité d’usage, c’est-à-dire un manque de rentabilité économique.

Un autre outil, la formation

Enfin, le ministre de l’Agriculture a rappelé l’importance de la formation dans la mise en place de cette loi d’orientation. « On a un enseignement agricole qui est formidable, qui est spécifique à la France et qui doit permettre d’accompagner à la fois sur le métier de production, mais aussi sur les grandes transitions qui sont à l’œuvre », conclut-il.