« Sur les promotions, on peut aller aujourd’hui jusqu’à 34 % (de rabais), a rappelé le ministre de l’Agriculture sur France Inter le 9 juillet 2022. Or ce qu’on constate dans la plupart des cas c’est que la grande distribution n’est qu’à 21 %, donc ils ont des marges, donc ils ont la capacité à faire en sorte qu’eux-mêmes portent une partie de l’effort. »

« C’est l’État et donc l’impôt des Français qui les paie »

Face à l’inflation, « une partie de l’effort est portée par l’État, poursuit Marc Fesneau. Les mesures sur le pouvoir d’achat, y compris sur l’alimentation, c’est l’État et donc l’impôt des Français qui les paie. Donc il faut que chacun prenne sa part. Mais cela ne peut être au prix de revenir sur des dizaines d’années où c’était toujours le producteur, l’agriculteur, qui ne trouvait pas sa marge. »

 

Les promotions ont été plafonnées à 34 % par la loi Alimentation ou « Egalim » votée en 2018, qui avait pour objectif d’enrayer la course aux prix bas et de soutenir les agriculteurs, dans un contexte alors peu inflationniste.

 

Au début de la semaine, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé une mission de l’Inspection générale des finances (IGF) pour s’assurer du respect de cette loi, qui oblige les distributeurs à vendre les produits avec une marge minimale de 10 % censée bénéficier aux producteurs.

 

S’il s’avère que les dispositifs de cette loi ne profitent pas aux producteurs, « il faudra réfléchir à la possibilité de les modifier », avait indiqué lundi Bruno Le Maire, qui suggère par exemple « des promotions à 50 %, au lieu des 34 % autorisés, avec des « prix cassés pour tous ceux qui en ont besoin ».

 

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« Pas la bonne réponse »

« Pas la bonne réponse », avait estimé Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, qui défend la création d’un chèque alimentaire et réclame aussi plus de transparence du côté des distributeurs et des industriels.

 

 

« Est-ce que cette loi fonctionne bien ? Il y a un certain nombre de cas où le mécanisme qui permettrait y compris de faire de la promotion ne se met pas en œuvre », a souligné samedi Marc Fesneau.

 

Le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, avait demandé au début d’avril la suspension partielle de cette règle des 10 % afin de réduire ses prix de vente.