Cela fait dix ans que les « veilleurs » de Familles rurales scrutent les rayons des grandes surfaces et les paniers de leurs clients, partout en France. L’association de consommateurs profite de cet anniversaire pour faire le point sur l’évolution du prix des produits de consommation courante durant cette décennie (1). « Le prix moyen du panier a augmenté de 6,32 €, soit 4, 9 % entre 2006 et 2016 », a présenté Dominique Marmier, président de Familles rurales, le 24 janvier 2017. Une hausse en trompe l’œil puisque l’inflation est de 14 % sur la même période…

 

Plus révélateur : le détail de cette étude fait apparaître que, malgré l’inflation et au contraire des marques nationales et des premiers prix, les marques de distributeurs (MDD) sont restées étonnamment stables, diminuant même légèrement de 0,06 % en dix ans. C’est la conséquence de la « guerre des prix très rude » que se livrent les enseignes entre elles sur ce créneau, estime l’association. Une guerre qui semble de moins en moins justifiée, puisque selon une enquête de Familles rurales réalisée en décembre 2016, la qualité est devenue le premier critère de choix pour 43 % des consommateurs, loin devant le prix (30 %).

Du bio premier prix moins cher que le conventionnel

En ce qui concerne les années 2015 et 2016, le prix du panier moyen n’a augmenté que de 0,37 %, s’élevant à 136 €. Mais cette stabilité apparente cache de fortes disparités – « du simple au double, voire du simple au triple » – selon les gammes de produits. Selon les lieux aussi : même en ayant pris 10 % de plus en un an dans les grandes et moyennes surfaces, le prix de la baguette reste, dans leurs rayons, deux fois moins élevé qu’en boulangerie (0,41 € contre 0,91 €).

 

Les écarts se retrouvent aussi dans les rayons bio : en moyenne, les œufs coûtent 66 % plus cher au consommateur qui souhaite les acheter bio plutôt que conventionnels. Et 12 % plus cher pour le lait. Mais « le bio de premier prix est systématiquement moins cher que son homologue conventionnel en marques nationales », relève Familles rurales. Il serait bon que l’association se penche ici sur la qualité et l’origine des produits concernés… Un axe de travail pour la décennie à venir ?

 

 

(1) Les relevés portent sur les prix de 35 produits de consommation courante parmi les 13 catégories suivantes : eaux, jus de fruits, boissons chaudes, produits laitiers et œufs, petits-déjeuners, biscuits et confiseries chocolatées, confiture et pâte à tartiner, produits pour bébés, desserts, surgelés, produits d’hygiène corporelle, lessives et produits d’entretien, aliments pour animaux.