« On ne crée plus de valeur ajoutée, donc pourquoi payer la TVA (1) ? » s’interroge Sylvain Crucerey, le président de la FDSEA de Haute-Saône. Partant de ce constat, les représentants syndicaux du département proposent à leurs adhérents de ne plus payer la TVA sur leurs factures. Le 3 août 2016, entre 150 et 200 agriculteurs, selon les organisateurs, se sont rendus au Gaec du Joli Bois à Vallerois-le-Bois pour le lancement de cette action.

L’initiative a été « bien accueillie par certains agriculteurs présents, mais les sentiments sont partagés », indique Sylvain Crucerey. Dès jeudi, le syndicat diffusera un courrier type que les adhérents pourront joindre à leurs chèques avec la TVA manquante. « Toutes les factures sont concernées, il faut enlever 20 % à minima », poursuit-il.

L’objectif est de mettre la pression sur l’État. « Pour sauver les banques, l’État a effacé des dettes, rappelle-t-il. Aujourd’hui si l’État veut sauver l’agriculture, il faut prendre son courage à deux mains et effacer les dettes d’un certain nombre d’agriculteurs. »

La directive nitrates et la nouvelle ICHN inquiètent

Tous les secteurs sont concernés par l’appel du syndicat. En grandes cultures, la Haute-Saône est touchée par la moisson désastreuse qui secoue la France. « Certaines exploitations perdront 100 000 € à cause des conditions climatiques, s’exclame Sylvain Crucerey, les rendements en blé sont entre 25 et 30 q/ha. »

De leur côté, les éleveurs perdraient « 8 centimes d’euro sur chaque litre de lait produit », alors que « sur la viande bovine, les prix à la production ont baissé de 15 % en 1 an », précise un communiqué du syndicat.

À ces facteurs climatiques et conjoncturels s’ajoutent des changements réglementaires. « Il y aurait un doublement de la surface concernée par la directive nitrates d’ici 2 ans, s’inquiète le président de la FDSEA, la mise aux normes coûterait 30 000 € par ferme. »

Il fustige aussi les changements à venir pour l’attribution des ICHN. « En 2018, les critères pour les zones défavorisées pourraient évoluer et une partie du département ne serait plus éligible, assure Sylvain Crucerey. Certaines exploitations pourraient perdre 20 000 € de plus. »

t.dhelin T.D Avec AFP tanguydhelin

(1) taxe sur la valeur ajoutée

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