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Finaliser son projet d’installation à l’étranger

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Dans la plaine de Gex, Mélanie va élever des Rove pour la transformation laitière. © A.GAMBARINI

Mélanie est l’une des premières à avoir bénéficié des stages à l’étranger grâce au syndicat JA. Une expérience fructueuse pour la future éleveuse.

Après l’obtention de son BPREA en 2009, Mélanie ouvre, avec son compagnon, un centre de convalescence pour chevaux à Gex (Ain). Après plusieurs stages en élevage, la jeune femme espère pouvoir installer un troupeau de roves, une race caprine originaire des Bouches-du-Rhône dont elle avoue être tombée amoureuse il y a quelques années. Début 2019, elle décide de saisir une opportunité foncière pour se lancer et entame le parcours à l’installation aidée. Elle produira du lait pour la transformation en fromages, yaourts et glaces en vente directe.

Accompagnement JA

À la chambre d’agriculture, son conseiller installation lui préconise 21 jours de stage en élevage caprin pour valider son PPP (plan de professionnalisation personnalisé), une étape obligatoire pour obtenir la dotation jeune agriculteur. Toutefois, dans ce territoire marqué par l’élevage bovin, aucun chevrier ne se situe à moins d’une heure et quart de route. Après quelques recherches sur internet, Mélanie trouve un éleveur en Suisse prêt à l’accueillir mais n’ayant aucune connaissance des formalités obligatoires. Son conseiller lui parle alors de la toute récente mise en place des stages agricoles à l’étranger par Jeunes Agriculteurs. Bien qu’elle n’y adhère pas, Mélanie se rapproche du syndicat qui se charge en quelques jours de lui rédiger sa convention. De son côté, elle prend contact avec sa MSA et son assureur pour déclarer et couvrir sa période de stage.

Apprentissage humain et technique

Mélanie entame son stage à la mi-juillet, en passant deux à trois jours chaque semaine sur l’exploitation située à moins d’une heure de route de chez elle. Une aubaine pour la jeune mère qui peut rentrer le soir et gérer l’écurie. En Suisse, Mélanie explique avoir « vu de nombreuses techniques, dans un vrai esprit de partage où il fallait se mettre d’accord à quatre ». En charge de la traite puis de la transformation, elle acquiert vite son autonomie. Sur le terrain, elle observe aussi les différences avec la France. « La Suisse n’a aucune norme en termes de bien-être animal », explique-t-elle. Cependant, ses maîtres de stage pratiquent le baguage des chevreaux plus tardivement qu’en France, une technique appréciable selon la jeune éleveuse. C’est aussi durant ce stage que Mélanie anticipe la gestion des boucs : elle s’orientera vers la location de mâles en période de reproduction et rallongera les lactations pour plus de praticité.

Au-delà du stage

Pour Mélanie, ce stage est arrivé au bon moment. « Il a été l’aboutissement de tout ce que j’avais appris. Ni trop tard, ni trop tôt pour oublier. » En fin de période, le syndicat lui demande d’évaluer la qualité d’apprentissage ainsi que l’accueil de ses maîtres de stage. Il se charge de transmettre l’attestation permettant à Mélanie de valider son PPP. Mais l’aventure ne s’arrête pas là… « Je compte retourner en fromagerie chez eux avant de me lancer, sourit-elle, et eux viendront au lancement me donner un coup de main ! » D’ailleurs, ces derniers ont accepté de faire partie du listing mis en place par JA pour accueillir de futurs jeunes sur leur exploitation.

Alessandra Gambarini

Dispositif précis et encadré

Pour bénéficier d’un stage à l’étranger, celui-ci doit obligatoirement être préconisé dans le PPP pour une durée de 1 à 6 mois. JA peut accompagner le jeune dans le choix du pays et du lieu. La convention de stage est rédigée par le syndicat, qui reste le point de contact référent pendant toute la durée du stage. Un suivi mensuel pour analyser les compétences acquises et un bilan de fin de stage sont réalisés par le syndicat auprès des deux parties. C’est aussi JA qui transmet les documents attestant de la réalisation du stage au CEPPP, obligatoire pour valider le PPP.

Une prochaine stagiaire s’envolera bientôt pour l’Espagne pour s’essayer à la culture de pistaches. Le réseau continue de développer partenariats et conventionnements pour déployer le dispositif.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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