« Aujourd’hui, les protéines végétales les plus utilisées en France sont celles du blé et au niveau mondial du soja. Or, pour aller vers une alimentation plus diversifiée, il faut parvenir à réinsérer les légumineuses. Mais l’organisation des filières et des marchés reste un problème majeur au niveau national et européen. Une série de workshop s’est tenue récemment en vue d’une stratégie européenne sur les protéines. Deux cents experts issus du monde scientifique et des filières ont été consultés. Tous se rejoignent : les légumineuses ont subi une situation de verrouillage technologique. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe a donné sa préférence aux céréales et aux importations de soja, notamment pour nourrir les animaux. L’assolement en légumineuses, plus important alors, a baissé, tout comme leur consommation.

Sans soutien public fort, le différentiel de compétitivité entre les céréales et les légumineuses ne sera pas rattrapable. Les coopératives doivent, en effet, investir dans de nouveaux outils pour le stockage, mais aussi pour le tri en cas de cultures associées. Par ailleurs, dans les rayonnages, si les référencements de produits alimentaires autour des céréales sont divers et variés, les légumes secs sont, quant à eux, le plus souvent présents sous la forme de graines vendues en vrac. Peu de produits intègrent des farines de légumineuses.

Le problème est que les outils industriels sont calibrés pour les céréales. L’ensemble du procédé industriel doit donc être réadapté. Pour réussir le plan de relance, il faudra également engager conjointement les opérateurs situés en amont et en aval. Par le passé, des plans dédiés aux protéines ont échoué faute de filières structurées. Une reconnaissance environnementale peut faciliter la réinsertion des légumineuses. Des paiements pour services environnementaux sont en discussion. »