« Il n’y a eu aucun nouveau mode d’action homologué depuis les trente dernières années. Les innovations chimiques arriveront au ralenti. Il faut aller vers davantage de méthodes alternatives », estime Xavier Charon, directeur technique et agriculture durable chez Syngenta. Ajoutons à cela l’augmentation des retraits de matières actives, une pandémie de cinq cents plantes résistantes dans le monde et le fait que 40 % des agriculteurs français ne sont pas satisfaits de leur désherbage.

Les raisons sont nombreuses pour inciter le géant de l’agrochimie à prendre le virage du désherbage durable. Après avoir dialogué avec plusieurs acteurs en Europe, aux États-Unis et au Brésil, la firme revoit sa stratégie et accentue l’innovation « guidée par la nature ». Même si aujourd’hui la chimie reste prédominante, l’intelligence artificielle, la mécanisation et l’agronomie sont les fondements du désherbage de demain. L’ambition de Syngenta est de proposer un outil d’aide à la décision à la parcelle, prenant en compte des datas sur la culture, la rotation, le stock de semences d’adventices et l’écosystème. Baptisé Fieldcompass, celui-ci est encore au stade de projet.

À Châteaudun (Eure-et-Loir), les essais de la plateforme française portent sur des combinaisons chimiques et mécaniques, mais aussi sur les effets agronomiques (date de semis, rotation, choix de la variété…). De nouveaux services environnementaux sont développés, notamment Qualicible. Il s’agit d’une cartographie en open data, qui permet de localiser les cultures à risque – certains fruits et légumes mitoyens de la parcelle – avant de traiter des céréales au prosulfocarbe. Un plan de communication des bonnes pratiques de cette dernière matière active a été mis en place avec Arvalis et les distributeurs.

Aude Richard