La FNSEA expliquait, dans un communiqué publié mardi soir, qu’il était « urgent de ne pas signer ». « L’honnêteté doit nous conduire à reconnaître que jamais un accord commercial n’aura été aussi ambitieux et progressiste. À ce titre, la protection de 161 IG (indications géographiques), dont 42 appellations françaises, constitue une réelle ouverture. Mais l’honnêteté nous conduit aussi à souligner les impacts de cet accord sur la viande bovine française : ouvrir un contingent d’importation de 50 000 tonnes – et non de 12 000 à 15 000 tonnes comme voudraient le laisser croire les services de la Commission européenne – porterait un coup fatal à des éleveurs déjà malmenés par la crise que connaît ce secteur. Enfin, l’honnêteté commande de regarder en face l’immense inconnue du Brexit et du devenir des contingents que devra reprendre à son compte le Royaume-Uni. Dans ces conditions, il serait irresponsable que l’Union s’engage dans de nouveaux accords commerciaux bilatéraux sans avoir obtenu préalablement les garanties nécessaires ».

La Coordination rurale estime de son côté qu’« avec cette ratification, les eurodéputés favorables à ce traité ont une nouvelle fois cédé aux sirènes du libre-échange ». La CR « s’attriste de voir que ces responsables européens n’aient toujours pas pris conscience du danger que représente l’ultralibéralisme pour l’économie européenne, et en particulier pour son agriculture. Pourquoi ont-ils à ce point ignoré une étude chiffrée et publiée il y a dix jours qui démontrait les ravages du traité pour l’élevage européen ? »

« Ce vote constitue un sombre présage pour la préparation des futures réformes de la politique agricole commune, déplore Bernard Lannes, président de la Coordination rurale. Ces députés ont montré une nouvelle fois leur mépris vis-à-vis de la population européenne qui se mobilise depuis des années contre ce traité. »

Pour la Confédération paysanne, approuver cet accord en pleine crise agricole est « le signe d’un mépris total pour les éleveuses et éleveurs de bovins à viande ici et de vaches laitières là-bas, ainsi que pour toutes les productions. Alors que nous nous battons pour que la production soit cohérente avec la demande des consommateurs sur chacun de nos territoires et soit ainsi justement valorisée et rémunérée, on voudrait nous imposer des contingents qui ne font que multiplier l’offre et effondrer les prix à la production ! ».

Le Modef parle lui d’un « coup fatal à ce qui reste de souveraineté alimentaire européenne ». Le syndicat fustige l’ouverture d’une « voie sans droit de douane à des centaines de milliers de tonnes de viande bovine et porcine ». Il propose de débattre du CETA dans un cadre public, via un référendum avant les élections présidentielles.