«Rapidité et qualité du travail, meilleure hygiène et santé de l’homme, réduction des antibiotiques et des ténébrions, tels sont les termes utilisés par les éleveurs de volailles à l’égard de leur expérience avec les sols en béton », a expliqué Christian Nicolas, de l’équipe volailles de la chambre d’agriculture de Bretagne, lors d’une journée technique le 5 décembre dernier, à Loudéac dans les Côtes-d’Armor.

Maîtriser l’eau

Trente-cinq producteurs de volailles équipés de sols en béton ont répondu à une enquête proposée par la chambre. « La majorité produit principalement du poulet lourd sexé, laissant supposer que la problématique des pododermatites a influencé leur choix », analyse le conseiller. Malgré un ressenti positif, ces aviculteurs ont également mis en avant des points de vigilance.

Le principal ennemi de ce type de sol reste l’humidité. « Il est important de drainer correctement autour du bâtiment et de récupérer les eaux de gouttières, au risque d’obtenir des phénomènes de pompage par le béton », confirme Christian Nicolas.

Selon les éleveurs, l’évacuation des eaux de lavage sur les côtés est plus simple pour remédier aux flaques. Ils préconisent aussi des regards resserrés (huit à dix tous les 100 m) et de grand diamètre (400 mm) pour gagner du temps. En bâtiment neuf, il est préférable de récupérer les eaux de lavage des dalles extérieures et de bétonner le sas sanitaire en même temps. De même, il est primordial de réfléchir à l’emplacement et à la taille de la fosse. Les aviculteurs estiment recueillir près de 4 l d’eau par mètre carré en moyenne.

En cours d’élevage, l’objectif est également d’éviter le gaspillage d’eau, en vérifiant l’état des pipettes et en utilisant l’alarme haute pour la consommation.

Éviter les ponts thermiques

S’agissant du chauffage, « la consommation d’énergie sur un sol en béton est égale, voire supérieure à la terre battue. Elle est notamment plus importante au moment du préchauffage », indique Christian Nicolas. Trois quarts des éleveurs contrôlent la température de surface avant la mise en place des animaux. Elle atteint en moyenne 30 à 32 °C. L’isolation du sol est conseillée en périphérie, afin d’éviter des ponts thermiques pour le chauffage d’ambiance, et en intégralité en cas de plancher chauffant. Dans l’enquête, la moitié des bâtiments est isolée en périphérie et un quart sur toute la surface.

La litière employée par les éleveurs est principalement de la sciure et des copeaux de bois. Ils en utilisent peu (moins d’un kilo par mètre carré), mais n’hésitent pas à faire des rajouts si nécessaire.

Isabelle Lejas.

expert
« Ne pas négliger les caractéristiques techniques »

« Quel type de béton choisir ? Deux tiers des éleveurs utilisent du béton fibré, le treillis métallique étant plus cher. On choisit le plus souvent une classe d’exposition XC4, adaptée à un environnement qui alterne des périodes sèches et humides, et une résistance à la compression moyenne (C35/45). En matière de consistance, la classe S4 est conseillée et une épaisseur de 10 cm suffit, car il n’y a pas de circulation d’engins très lourds.

En surface, le béton doit être lisse pour faciliter le lavage. Un sciage est nécessaire tous les 5 m, afin qu’il n’y ait pas de rupture par dilatation. Il est important de ne pas négliger le colmatage des joints au mastic-colle polyuréthane pour éviter les cas de coccidiose. »

Christian Nicolas,

conseiller avicole

à la chambre

d’agriculture

de Bretagne