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Vers une estimation plus précise de l’excrétion des volailles

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Bilan réel simplifié - Vers une estimation plus précise de l’excrétion des volailles
Les évolutions zootechniques et alimentaires seront mieux prises en compte dans l’estimation de l’excrétion des volailles. © S. Champion

À partir de 2022, le bilan réel simplifié volaille ne sera plus réalisé à l’échelle du lot mais de la journée, afin de mieux considérer les dynamiques d’ingestion, de croissance, de ponte, et la mortalité.

L’enjeu est à la fois environnemental, réglementaire et technique. Les données d’excrétion des volailles « servent d’indicateur de base pour apprécier l’efficience des systèmes d’élevage dans le bouclage des cycles de nutriments, en réponse à des objectifs de réduction des intrants et des pollutions, principalement azotés et phosphorés », indique l’Institut technique de l’aviculture (Itavi) dans une note publiée en juin 2021.

Utilisé depuis 2017 dans le cadre de la directive nitrates (lire l’encadré), le bilan réel simplifié (BRS) a fait l’objet d’une récente refonte méthodologique. « Les principales améliorations visent à proposer aux éleveurs une simulation non plus à l’échelle du lot, mais de la journée, permettant de mieux prendre en compte l’adéquation des intrants alimentaires par rapport aux besoins physiologiques des animaux », explique Vincent Blazy, chef de projet Gestion des effluents et émissions gazeuses à l’Itavi.

L’ancienne version du BRS ne donnait « aucun aperçu de la dynamique d’excrétion, elle-même dépendante des dynamiques d’ingestion, de croissance et de mortalité des animaux ». Les progrès permis par certaines stratégies comme l’alimentation de phase n’étaient par exemple que partiellement pris en compte.

Une approche « plus juste »

Mis au point par l’Itavi, le nouveau BRS sera utilisé à partir de début 2022. Il se veut « plus précis, plus lisible, et conceptuellement plus juste », souligne le spécialiste. Concrètement, il sera possible de renseigner des données zootechniques – espèce de volaille, poids et âge à la mise en place et à l’abattage, composition et durée de distribution de l’aliment, indice de consommation, nombre d’animaux mis en place et nombre de morts – et d’utiliser des courbes de référence pour estimer les excrétions des volailles. Ces dernières concernent l’indice de consommation, la mortalité cumulée, ainsi que la production d’œufs. Au total, vingt-deux productions avicoles sont concernées.

Plusieurs cas spécifiques pourront également être pris en compte. S’agissant des poules pondeuses, l’immobilisation de nutriments dans l’œuf et le stade physiologique avancé des poules lors de la mise en place seront considérés. De même, il sera possible d’estimer plus précisément l’excrétion des productions de chair sexées séparées. Pour les productions de plein air, les parts d’excrétion avant et après l’accès au parcours pourront être évaluées.

Ainsi, le nouveau BRS devrait entraîner un recul des estimations d’excrétions. « Pour l’instant, nous avons travaillé sans réactualisation précise des performances zootechniques qui conditionnent grandement les résultats, explique Vincent Blazy. Une baisse des excrétions est notée sur tous les éléments, à l’exception du phosphore en poulet de chair, car la rétention corporelle a été revue à la hausse. Les progrès des performances zootechniques laissent espérer des marges de diminution encore plus importantes. »

Vincent Guyot

Un outil de référence pour le plan d’action nitrates

Les améliorations apportées au BRS ont été reconnues par le comité scientifique et technique (CST) Gestion des éléments nutritifs et des émissions vers les milieux. « Cela permet d’inscrire ce nouvel outil comme calculateur de référence d’excrétion des ateliers avicoles dans le cadre du 7e plan d’action nitrates », rapporte Vincent Blazy.

En 2022, l’Itavi proposera aux éleveurs et aux techniciens une application web pour faciliter l’usage et la diffusion du nouveau BRS.

À savoir

Le bilan réel simplifié estime les excrétions d’azote (N), de phosphore (P), de calcium (Ca), de potassium (K), de cuivre (Cu) et de zinc (Zn).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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