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« Une insémination profonde pour nos vaches peu fertiles »

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Stratégie. Sébastien Goutagny (à gauche) et Mickaël Rageys ont opté pour l’insémination profonde afin d’éviter que leurs bonnes vaches à trois IA et plus soient réformées. © Photos : C. Penet

Mickaël Rageys et ses associés se servent du nouveau protocole XtremiA pour féconder les vaches à trois IA et plus.

«L’année dernière, grâce à l’insémination profonde, nous avons gagné huit gestations avec des vaches à trois IA et plus, mais qui ne présentaient pas de problèmes d’ovulation », se félicite Mickaël Rageys. L’éleveur, en Gaec à Pomeys (Rhône), utilise le procédé XtremiA depuis sa sortie en janvier 2016. Le concept, mis au point par Elexinn (1), consiste à déposer la semence à la jonction utéro-tubaire, environ 25 cm après le passage du col de l’utérus, au fond de la corne utérine, à l’aide d’un pistolet à gaines télescopiques. « Cette IA profonde commence systématiquement par une échographie, pour évaluer l’aptitude de la femelle à être fécondée, et pour identifier dans quelle corne utérine inséminer en fonction de l’ovaire prêt à ovuler », explique Emmanuelle Mariani, responsable marketing chez XR Repro.

Un choix justifié

« Ce constat en amont de l’insémination optimise grandement les chances de réussite », remarque Mickaël, qui précise que le succès de l’opération repose aussi sur une bonne organisation en amont. « Éleveur et inséminateur doivent être en parfaite adéquation, car c’est un geste technique et précis. La contention doit être encore plus importante qu’en IA conventionnelle. » Il faut compter environ 20 minutes de plus que pour un geste classique.

L’insémination profonde a permis aux associés de peaufiner leur stratégie génétique. « Malgré un surcoût d’environ 13 € par vache par rapport à un geste d’IA classique, XtremiA apporte un véritable gain net, estime Mickaël. Nous sauvons de bonnes vaches, qui auraient été destinées à la réforme prématurément, alors qu’elles ont coûté cher à élever. Économiquement, ça se justifie pleinement. » Forts de cette réussite, ils envisagent ce procédé sur leurs génisses. « Elles sont toutes inséminées en semence sexée. L’IA profonde permettrait d’améliorer le coefficient de paillettes, bien que celui-ci, autour de 1,7 en moyenne, soit tout à fait correct. Cela pourrait également réduire l’intervalle vêlage-vêlage, donc améliorer notre taux de chargement et augmenter le nombre de veaux produits en croisement charolais. Le coût de la dose supplémentaire serait très vite amorti, du fait de la meilleure fertilité et de la meilleure productivité du troupeau. »

Camille Penet

(1) Entreprise créée en 2012 par les coopératives Cecna (Centre-Nord), Eliacoop (Rhône-AlpIes) et Codélia (Sud-Est).

Matériel.
Exploitation (1)

3 associés : Mickaël Rageys, Florent Cellier et Sébastien Goutagny.

SAU : 120 ha, dont 30 ha de maïs ensilage.

Troupeau : 125 vaches laitières prim’holsteins, 100 génisses de renouvellement.

Production totale : 1,2 million de litres de lait.

Production par vache : 10 500 kg/an, TB : 41 g/kg, TP : 32 g/kg.

Reproduction : IVV de 406 jours et 48 % de réussite en première IA. (1) Données du Contrôle laitier, chiffres 2017.

« Rattraper les points de fertilité des semences sexées »

Jacky Martin responsable technique et commercial chez XR Repro

«XtremiA apporte une réelle valeur ajoutée à la semence sexée. Une fois décongelée, celle-ci contient cinq fois moins de spermatozoïdes viables que la semence conventionnelle. L’insémination profonde permet donc de rattraper les quelques points de fertilité perdus, voire de les dépasser. Une étude conduite dans le secteur de Saint-Laurent-de-Chamousset (Rhône) a montré une amélioration significative des taux de vêlage. Ceux-ci étaient en effet de 42,6 % dans le cadre de l’IA classique en semence sexée et de 56,6 % dans le cadre de l’IA classique en semence conventionnelle. Ils atteignaient 59,4 % avec XtremiA en semence sexée, soit un écart à son avantage de respectivement 16,8 et 2,8 points.

© C. Penet
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Cet article est paru dans La France Agricole

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