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« Un système fourrager à l’épreuve de la sécheresse »

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« Nous sommes obligés de viser l’autonomie, car l’achat de l’aliment bio est coûteux et non compensé par un prix de l’agneau en adéquation avec ces dépenses », déclare Alice Duval. © M.-F. Malterre

Méteil, sorgho, colza fourragers et prairies multi-espèces composent l’arsenal d’Alice Duval et Jacques Blanchard.

«L’année dernière, la station météo de Châteaumeillant, à 20 km de chez nous, n’a enregistré que 408 mm de pluie, lance Alice Duval. Nous ressentons fortement les conséquences de ce climat capricieux et cela nous contraint à chercher sans cesse de nouvelles solutions afin de produire les fourrages nécessaires pour la conduite de nos 550 brebis et l’engraissement des agneaux. »

Alice et son conjoint Jacques Blanchard n’ont pas le choix car, en agriculture biologique, l’achat d’aliment est cher. « Et il n’est pas récompensé par un prix de l’agneau en adéquation avec ces dépenses », déplorent-ils. Pour s’adapter, l’éleveur a notamment prévu de semer 10 ha de colza fourrager dès le début de juin. « J’espère que le couvert sera suffisant à la fin août de manière à finir les agneaux. » L’opération permettra, dans la foulée, de remettre des prairies en état car l’entretien de celles-ci avait été négligé par le précédent propriétaire.

Des variétés précoces

« Nous allons aussi implanter du sorgho multicoupes, indique l’exploitant. L’espèce a besoin de chaleur pour démarrer, mais parvient à pousser en situation de stress hydrique. » La première coupe devrait être exploitée en enrubannage avant deux pâturages si possible. Ce sorgho multicoupes est pâturable à partir de 40 cm de hauteur. « L’enrubannage est appétent, indique Jonathan Sicot, de la coopérative Agneau Berry Sologne (ABS). Distribué l’été en cas de sécheresse, il favorise le maintien en état des animaux. »

Le socle du système fourrager est constitué par les prairies multi-espèces. Celles destinées au pâturage comprennent du plantain et de la chicorée, car elles résistent davantage à la sécheresse. « Nous revenons à des variétés hâtives pour les graminées, de façon à réaliser une exploitation précoce avant la sécheresse de printemps », explique Jacques.

Les méteils sont une autre des clés de voûte de l’organisation de Jacques et Alice. Ainsi, 10 à 15 ha sont récoltés immatures et 15 ha environ en grains. « Je les sème tôt en octobre pour qu’en sortie hiver le couvert soit assez développé afin d’étouffer les adventices », souligne l’agriculteur. Les méteils immatures comprennent de l’avoine, de la vesce et du pois. Récoltés en mai, ils sécurisent les stocks en produisant 3 t de MS/ha. Les époux tablent sur 0,8 UF/kg de MS et 16 % de MAT.

Les méteils grains sont essentiels pour la finition des agneaux et la complémentation des brebis. Au semis, ils comprennent du triticale, avoine, vesce et pois. « L’idéal est qu’ils contiennent 50 % de pois à la récolte, déclare Jacques. Dans ce cas, il n’est pas indispensable d’ajouter de complémentaire azoté coûteux (600 €/t) pour équilibrer la ration des agneaux. À la récolte, les exploitants évaluent tous les ans la qualité du mélange en comptant les graines de chaque espèce dans le but de compléter au plus juste. La composition et le rendement sont aléatoires à cause de la météo et du potentiel limité des terres. « Nous ne dépassons pas 25 q/ha, mais il y a aussi 3 t de paille. »

Marie-France Malterre

Pâturage tournant rapide

Les îlots de parcelles sont découpés avec des clôtures électriques, et les animaux tournent tous les jours et demi, voire tous les jours. Ainsi, l’herbe consommée est jeune et riche. Cela limite le surpâturage et le risque de parasitisme. « Nous sortons tôt les animaux, en mars, indique Alice. Les agneaux sont sevrés à 120 jours, en juin, pour le premier lot. Et 20 % sont prêts à vendre. Lorsqu’il n’y a pas assez de repousses, nous les rentrons pour une finition avec l’aliment fermier. » « Ces agneaux de race herbagère conviennent à la demande, ils pèsent entre 16 et 21 kg, sont classés U et R et 2 et 3, déclare Jonathan Sicot, de la coopérative ABS. Leur point faible est leur plus grande difficulté à déssaisonner pour alimenter le marché sur l’année. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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