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Un aménagement en croixpour le confort de travail

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« L’entrée “principale” du bâtiment s’effectue par une petite porte sur le long pan », déclare Sébastien Labrune. © Photos : M.-F. Malterre

Quatre cases de 24 vaches autour de deux couloirs perpendiculaires afin de faciliter la circulation, telle est la configuration choisie par Sébastien Labrune pour l’installation de son bâtiment.

«J’ai construit ma stabulation dans une parcelle à distance des habitations, à l’endroit exact où les vaches venaient se coucher régulièrement », lance Sébastien Labrune, à la tête de 96 charolaises à Sazeray, dans l’Indre. L’idée était de privilégier le lieu précis où les animaux se sentaient bien. « J’ai cherché à concilier bien-être des animaux et confort de travail », explique le jeune éleveur, qui a choisi un couloir perpendiculaire à l’allée centrale d’alimentation pour circuler facilement.

Celui-ci mesure 2 m, soit une largeur suffisante pour rouler une balle de foin si besoin. L’accès à l’extérieur est également prévu sur les deux longs pans. « J’utilise de préférence ce passage quand je rentre à pied dans la stabulation, précise Sébastien. Les différents fournisseurs de la ferme, comme le vétérinaire par exemple, en ont eux aussi pris l’habitude. À l’extérieur, un lave-bottes et un pédiluve ont été mis en place dans le but de limiter la propagation d’éventuels problèmes sanitaires.

Les cases à vêlage et celles des veaux pour les quatre lots de vaches sont disposées de part et d’autre du couloir perpendiculaire. Elles sont transformées en cases à veaux à la fin des vêlages. L’une d’elles est plus petite car elle accueille le local technique de 4 × 4 m, établi en panneaux isolés. Il sert à entreposer les médicaments et les petits outils. L’agriculteur a aussi aménagé un bureau et des rangements pour les factures.

Un local en guisede tour de contrôle

« J’ai aussi la possibilité de fermer le local à clé lorsque je ne suis pas là », ajoute-t-il. Les parois de ce dernier sont dotées d’une fenêtre afin de profiter de la luminosité et pour surveiller le troupeau. Cette pièce sert également à réchauffer les veaux « faibles » après le vêlage. « J’y ai installé une lampe infrarouge et un petit bac en PVC d’une circonférence de 1,5 m environ, indique Sébastien. De ce fait, le local n’est pas souillé. Le bac se nettoie en deux coups de jet d’eau après le passage des veaux. Cela restreint la transmission des agents pathogènes. Un système de portes montées sur des cornières vissées sur les parois du lieu empêche le veau d’explorer le reste de l’espace. Les vêlages se déroulent donc dans les cases attenantes au couloir de circulation. Le local technique, où tout est à disposition (la vêleuse, l’eau chaude), est proche de façon à faciliter les interventions. Pour plus d’efficacité, Sébastien concentre l’ensemble des mises bas sur deux mois. Comme cela, il ne garde que les animaux productifs.

Dès la construction du bâtiment, il a prévu des râteliers libre-service, qui n’empiètent pas sur l’aire paillée des animaux. « J’ai préservé l’espace des vaches avec des cases profondes, explique l’éleveur. L’approvisionnement de la « réserve » s’effectue depuis l’extérieur de la stabulation. Le râtelier est protégé. Il bénéficie d’un toit et d’une bâche en plastique attachée par des tendeurs. Le fond est en pente pour simplifier la descente du fourrage.

Marie-France Malterre

Le couloir perpendiculaire, de 2 m de large, est doté d’une pente bétonnée.
Le râtelier libre-service n’empiète pas sur l’aire paillée.
Le râtelier bénéficie d’un toit et d’une bâche en plastique attachée par des tendeurs.
Le local technique comprend une installation pour réchauffer les veaux. © mf.malterre
Mise en place d’écailles pour améliorer la ventilation

• À la construction, Sébastien a privilégié la ventilation. Toutes les faces du bâtiment présentent des ouvertures, y compris le toit où sont disposées des tôles de type agri-ondes. L’un des longs pans est constitué d’un bardage ajouré au-dessus d’un bardage plein de 2 m pour protéger les animaux. Les pignons sont construits sur le même modèle, tandis que l’autre long pan est équipé d’un filet brise-vent amovible. Pourtant, l’air ne s’évacue pas aussi correctement que prévu par le toit. Il retombe sur les veaux.

Le diagnostic récent du vétérinaire, Jean-Philippe Gartioux, l’a mis en évidence. Selon lui, l’allée d’alimentation est une zone froide. L’absence de la chaleur animale empêche l’air de remonter pour se glisser sous les tôles du toit. D’autant que le volume d’air par vache (75 m3) est important. Il est près de deux fois plus élevé que les valeurs usuelles (35 m3). Il est en lien avec la largeur importante du bâtiment (36 m). Le vétérinaire préconise d’envisager les deux parties de la stabulation de manière indépendante. « J’ai aménagé une écaille sur l’un des deux rampants du toit, explique Sébastien. Cela consiste à relever des tôles pour favoriser l’évacuation de l’air. Un fumigène a montré que la solution était efficace.

J’ai pris le risque de ne pas vacciner les veaux contre la grippe. Pour l’instant, tout se passe bien, peu sont malades. L’économie des vaccins (1 400 €) m’a permis de financer la quasi-totalité des travaux sur le toit et l’audit du vétérinaire (500 €). »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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