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Un accueil des béliers sans stress avec un passage à l’isolement

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Conduite alimentaire et quarantaine raisonnées sont indispensables pour préserver les performances des mâles achetés.

L’achat de béliers est une étape incontournable pour améliorer les performances techniques d’un troupeau. L’Institut de l’élevage rappelle que le gain apporté par un animal qualifié est de 2,30 € par agneau.

L’investissement financier impose une certaine attention pour accueillir ces jeunes mâles dans de bonnes conditions, afin qu’ils expriment pleinement leur potentiel. Le changement d’alimentation et d’environnement, ainsi que le transport jusqu’à la nouvelle exploitation constituent un stress pour les jeunes animaux. « Souvent, ils maigrissent dès leur arrivée, constate Laurence Sagot, de l’Institut de l’élevage-Ciirpo (1). La perte de poids, parfois importante, risque de compromettre l’avenir de l’animal. Pour limiter l’impact de ce bouleversement, la transition alimentaire est une étape primordiale, de même qu’une quarantaine. »

Lorsque les béliers – antenais ou agneaux – sont achetés à la ferme, sur une foire ou dans un centre de rassemblement, il est important de se renseigner auprès du vendeur sur le régime initial des jeunes mâles. Cela permet de savoir quelle quantité de concentrés était distribuée, pour la maintenir au moins pendant un mois. « La dose pourra être ensuite diminuée jusqu’à l’âge d’un an, tout en maintenant un apport de concentré, sauf contre-indication du vendeur », indique Laurence Sagot.

Pour les agneaux issus de stations de contrôle individuel ou de centres d’élevage, le principe est le même : mieux vaut adopter le rationnement initial, soit environ 600 g à 1 kg d’aliment selon la race, pendant un mois, y compris s’ils sont conduits au pâturage. Au bout d’un mois, la quantité pourra être diminuée de 300 g par animal et par jour, jusqu’à l’âge d’un an.

Éviter la contamination

Pour des raisons sanitaires et pour limiter le stress, l’incorporation des béliers s’effectue également progressivement après une quarantaine. « Celle-ci sera réalisée en bergerie de préférence, ou sur une pâture, pendant trois semaines à un mois, indique Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance pastorale. Il s’agit d’éviter que les animaux ne contaminent le nouveau troupeau par des maladies comme le piétin, ou de faire entrer des strongles résistants aux traitements sur l’exploitation. Les strongles seront traités après une coproscopie avec un produit à base de monépantel, la dernière molécule mise sur le marché et sans résistance connue à ce jour. Pour le piétin, il convient de faire circuler les animaux dans un pédiluve, tout en respectant le mode d’emploi et le temps de stationnement. Un traitement contre les parasites externes comme la gale est aussi conseillé. »

Sur le plan pratique, acheter plusieurs béliers à la fois permet de les laisser à part pendant plusieurs mois et de faciliter leur adaptation. « Le mélange avec les mâles de l’élevage est également une phase stratégique, souligne Laurence Sagot. Afin que la hiérarchie se stabilise entre anciens et nouveaux, il est conseillé de les mettre dans un espace restreint en bergerie. »

Marie-France Malterre

(1) Centre interrégional d’information et de recherche en production ovine.

(2) Un agneau est âgé de 6 à 8 mois, tandis qu’un antenais a 12 à 15 mois.

Préparer la lutte

Les béliers doivent être en pleine forme pour la lutte. Une alimentation équilibrée tout au long de l’année, y compris en vitamines et minéraux, est indispensable. Comme pour les brebis, la mesure de la Nec (note d’état corporel), sur une échelle de 0 à 5, permet de garder seulement ceux qui sont à 3. Un flushing, deux mois avant la mise en lutte, en augmentant l’apport d’énergie (+15 %), est également un bon stimulant. Côté minéraux, une cure de deux mois avant la mise à la reproduction, avec un apport de zinc et un complément minéral vitaminé mélangé au concentré sont conseillés.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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