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Trois races ovines pourvarier les débouchés

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Frédéric Soulier apprécie la rusticité des brebis blackfaces élevées en plein air intégral, malgré l’altitude. Cette race, originaire d’Irlande, présente des taches noires sur la tête © M.-Roque-Marmeys

En élevant des brebis lacaunes, blanches du Massif central et des blackfaces, Frédéric Soulier

«Nous avons choisi de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier », sourit Frédéric Soulier, installé depuis juillet 2017 sur l’exploitation parentale de 65 ha à Julianges (Lozère). Situé sur les contours de la Margeride, entre 950 et 1 300 m d’altitude, l’élevage abrite un troupeau de 240 brebis lacaunes et leur renouvellement. Également, 40 brebis blackfaces y sont élevées en plein air. Cette race, originaire d’Irlande, a été introduite sur l’exploitation en 2016 pour sa rusticité.

Sandra Portal, la compagne de Frédéric, est installée depuis 2011 sur l’exploitation de ses grands-parents aux Bessons (Lozère), sur 66 ha répartis entre la Lozère et le Cantal, à 1 000 m d’altitude. Le site est distant de 20 km de celui de Frédéric. Son troupeau de 80 blanches du Massif central (BMC) dispose d’un bâtiment, et valorise les terres acides en totalité implantées en herbe. « À Julianges, nous consacrons 4 ha à du triticale. Avec 51 ha de prairies et 10 ha de parcours, nous sommes autonomes en fourrages pour les trois troupeaux, ainsi que nos six bovins aubracs et six chevaux comtois », précise Frédéric.

Les éleveurs assurent à tour de rôle, matin et soir, la traite des lacaunes. Les brebis affichent 2 à 2,2 l de lait par jour à 85 % de matières grasses, et 60 % de matières protéiques au contrôle laitier pour des lactations de début octobre à fin mai. Le lait livré à Sodiaal a été payé à une moyenne de 950 €/ 1 000 l en 2018.

Vente directe

Les agneaux sont vendus laitons à un mois à la coopérative Ovi PC à Valence-d’Albigeois (Tarn) au prix moyen de 70 € par animal en 2018. « Ce marché, destiné aux engraisseurs aveyronnais et tarnais, est porteur. Nous valoriserions davantage le lait et les agneaux laitons en avançant les agnelages d’un mois. Mais le morcellement des parcelles nous obligerait à apporter l’herbe en vert aux brebis en lactation. »

Depuis l’installation de Frédéric, le couple d’éleveurs a développé un marché de la viande d’agneau BMC en circuit court sous le logo « Les agneaux des doudous ». Les agnelages répartis sur toute l’année donnent la possibilité d’étaler les ventes d’agneaux de boucherie affichant en moyenne 40 kg de poids vif. Les carcasses sont découpées et conditionnées par une entreprise prestataire Du producteur à l’assiette (PA), située à Saint-Flour (Cantal). La viande est vendue en caissettes d’un demi-agneau au prix de 14 €/kg. Elles sont livrées par les éleveurs à un panel de clients particuliers sur l’axe A75 entre Saint-Flour et Béziers, et à un restaurateur de Montpellier (Hérault).

Marché en extension

Les blackfaces, réputées pour leur rusticité et la qualité organoleptique de leur viande, ont été introduites en vue d’étoffer ce marché de proximité. « Nous ne sommes pas déçus par ces brebis faciles à conduire en plein air intégral. La viande, issue d’agneaux élevés sous leur mère, offre un grain très fin. Elle n’est pas grasse et elle a beaucoup de goût », apprécient les éleveurs. Ces brebis sont naturellement saisonnées avec des agnelages groupés en mars et avril. Les agneaux sont abattus légers entre 15 et 20 kg de poids vif, et vendus en caissettes comme les agneaux BMC.

Les troupeaux vont augmenter jusqu’à 100 mères BMC et 50 blackfaces de façon à répondre à un marché en extension. Les brebis de réforme lacaunes sont aussi transformées chez PA, avec des fabrications de merguez et prochainement de gigot séché et de saucissons.

Monique Roque-Marmeys

Protégées par les PATOUS

Trois patous, dont un couple, ont été introduits pour protéger les différents troupeaux suite à deux attaques présumées d’un loup de passage en novembre 2017 sur le troupeau de blanches du Massif central, et une ouverture malveillante des portes de la bergerie abritant les lacaunes en 2018.

Les éleveurs se sont rapidement pris d’intérêt pour ce chien de protection. Ils ont actuellement une portée de six chiots, nés chez eux et pour la plupart déjà réservés.

Ils adhèrent à l’association Vulgarisation et Initiative en Éthologie, qui étudie le comportement de ces chiens, de leur naissance jusqu’à trois ans.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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