Vous êtes abonné

Première visite ?

Inscrivez-vous
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Trois étapes pour lutter contre les boiteries

réservé aux abonnés

 - -->
Production. Traiter au plus vite une boiterie permet de réduire les pertes de lait. © C. THIRIET

Il est important d’identifier rapidement une vache boiteuse, de la traiter, puis de vérifier que tout est rentré dans l’ordre.

Entre 17 et 55 % des vaches laitières boitent, selon les études. Même si les boiteries peuvent être provoquées par des problèmes osseux, « les causes les plus fréquentes – à plus de 40 % – sont liées à des lésions des sabots », constate Gérard Cramer, de l’université du Minnesota, aux États-Unis (1), également membre du groupe international Icar, qui se penche sur la santé fonctionnelle des pieds et des onglons (lire l’encadré). « Si le nombre de vaches boiteuses est important dans un élevage donné, il faut analyser à fond les conditions de logement, d’hygiène et l’alimentation. Éviter les boiteries est particulièrement important chez les primipares, car une vache qui souffre de boiterie en première lactation, a tous les risques d’en revivre les lactations suivantes », insiste-t-il.

Échelle de tri

Identifier. « Il est essentiel d’identifier très précocement une vache qui boite et d’analyser son problème, pour lui administrer le bon traitement, poursuit Gérard Cramer. De plus, un animal qui boite longtemps va porter son poids sur ses autres pattes, au risque d’avoir aussi un problème sur ces pattes non atteintes initialement. » L’impact sur la production laitière est d’autant plus important que la vache reste longtemps souffrante. Le chercheur préconise une échelle à trois niveaux pour un premier tri des animaux.

Niveau 1 : aucun problème observé.

Niveau 2 : problème léger, qui demande une surveillance ultérieure pour vérifier s’il s’aggrave ou non.

Niveau 3 : problème grave, qui exige d’être immédiatement pris en charge. « Pour le premier tri, pas la peine d’aller dans le détail. Une fois les animaux triés selon ces trois catégories, on y regarde de plus près », conseille Gérard Cramer. Le praticien recommande d’établir ses propres règles. À titre d’exemple, si le contrôle des pattes est fait tous les quinze jours, on peut laisser une vache un peu boiteuse dans la catégorie 2, et la suivre plus attentivement la fois suivante. Mais si le contrôle ne s’effectue que tous les six mois, il faut également traiter les vaches du groupe 2.

Apporter un traitement approprié. Selon une étude récente, 59 % des vétérinaires américains préconisent un traitement local à base de tétracycline sur une lésion du sabot, alors qu’il est inutile, voire dangereux. La meilleure solution reste la pose d’un bloc sur la partie du sabot non atteinte, afin que l’animal n’accroisse pas la pression sur la partie saine. Surélever le pied permet par ailleurs de tenir la patte la plus propre possible, limitant ainsi la prolifération des bactéries (dont la plupart sont sensibles à l’oxygène). « La vache pose la partie extérieure du pied en premier, poursuit le chercheur. C’est avec les blocs les plus longs qu’on évite le plus la pression sur la partie du pied qui souffre, et qu’on accélère la guérison. »

Vérifier. Enfin, la bonne gestion de la boiterie passe par la vérification de l’amélioration. Le parage systématique peut aider : en levant les pattes, le pareur identifie plus méthodiquement les problèmes. Mais encore faut-il que ce parage soit effectué avec douceur. « Il s’agit plus de remodeler que d’enlever de la corne à tout prix », insiste Gérard Cramer.

Yanne Boloh

(1) Lors derencontres organisées par la société Zinpro, le 18 septembre à Minneapolis (États-Unis).

Origine

Les lésions des sabots sont soit de nature infectieuse, comme celles provoquées par la maladie de Mortellaro ou les panaris, soit de nature physique, comme l’ouverture de la ligne blanche qui conduit aux abcès, ou les ulcères.

Savoir reconnaître les problèmes de pied

L’Icar est une organisation internationale de promotion du développement et de l’amélioration du contrôle des performances, à laquelle participe notamment l’Institut de l’élevage.

L’Icar a publié, début 2016, un atlas « Santé des onglons » en version française (1). Ce catalogue constitue la référence pour décrire les maladies des pieds. Il propose une définition et des illustrations photographiques pour chaque problème .

(1) Disponible sur http://www.icar.org/wp-content/uploads/2016/02/French-translation-of-the-ICAR-Claw-Health-Atlas.pdf

Imprimer Envoyer par mail Commenter
En direct
Afficher toutes les actualités

Cet article est paru dans La France Agricole

Transmission & Patrimoine : tous les conseils pour passer le relais !