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Sélectionner les petits veaux allaitants pour une bonne croissance

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Le poids de naissance est une information judicieuse à prendre en compte pour la sélection sur les critères de précocité et de croissance. © A. Dufumier

Privilégier des poids de naissance plutôt faibles fait gagner en précocité sexuelle et morphologique, selon les résultats de recherche de l’Inra.

Les « petits veaux » d’aujourd’hui ne seraient-ils pas demain les meilleurs animaux pour la production de viande et la reproduction ? Gilles Renand, directeur de recherche de l’unité mixte de recherche Génétique animale et biologie intégrative (UMR GABI) de Jouy-en-Josas (Yvelines) est formel : « Parmi les animaux ayant un bon niveau de croissance révélé à 12, 18 ou 24 mois, mieux vaut sélectionner ceux ayant les poids de naissance les plus faibles. Nous avons démontré que les femelles répondant à ces caractéristiques sont les plus précoces tant sur le développement morphologique que sur la maturité sexuelle. C’est une très bonne piste pour réduire l’âge au premier vêlage, et conforter les facilités de naissance. »

Le chercheur fait ainsi référence à deux études conduites sur les troupeaux de l’Inra de Bourges (Cher) et du Pin-au-Haras (Orne) et complétées par des données récoltées en élevage. La première étude menée jusqu’en 2005 avait concerné 745 vaches charolaises, tandis que la seconde s’était appuyée jusqu’en 2017 sur 629 génisses charolaises. Les grandes lignes de ce deuxième volet (en partie révélées, dans cet article, en avant-première) devraient être communiquées lors des rencontres de recherche sur les ruminants (3R) en 2020.

« Une telle sélection limitera aussi l’accroissement du poids adulte, actuellement observé en France, souligne Gilles Renand. La valeur économique de la vache de réforme sera un peu moins importante, mais plus conforme aux exigences du marché. Cela fait des années que les abattoirs parlent de pénaliser les carcasses devenues trop lourdes. »

Vêlages précoces

Par ailleurs, « les éleveurs sont de plus en plus nombreux à calculer le coût d’élevage d’une génisse tardive, puis de l’entretien d’un animal au gabarit plus imposant ». Le spécialiste, également impliqué dans des travaux sur les émissions de méthane par les bovins, accentue tout l’intérêt d’obtenir des premiers vêlages plus précoces afin de limiter la durée de vie improductive de l’animal, et améliorer le bilan global d’émissions de gaz à effet de serre. « Sur une carrière de trois veaux et demi par vache en moyenne, il est possible de gagner près d’un an sur le critère de précocité. C’est fort considérable. »

Les poids de naissance et à 24 mois sont fortement héritables (lire l’encadré ci-dessus). Que ce soit en sélection mâle ou femelle, « la sélection des animaux réalisée sur les poids à la naissance et à 24 mois auront un impact sur la précocité pondérale et le poids adulte des générations futures. Garder des reproducteurs garantissant un faible poids à la naissance et un potentiel de croissance élevé en post-sevrage représente un véritable levier d’amélioration de la précocité », assure Gilles Renand.

Alexis Dufumier

Le poids, un caractère très héritable

Les poids à la naissance et à 24 mois affichent des coefficients d’héritabilité (1) élevés, de 0,42 et 0,48 respectivement. Les reproducteurs (vaches et taureaux) sont évalués sur ces caractères dans le cadre de l’indexation des bovins allaitants en ferme (Iboval).

Par ailleurs, la précocité pondérale et surtout le poids adulte sont également très héritables, avec des coefficients d’héritabilité respectifs de 0,49 et 0,61. Si ces deux caractères ne sont pas évalués en ferme, ils sont très fortement corrélés au poids à la naissance.

(1) L’héritabilité exprime la part de la génétique dans l’expression d’un caractère. Plus elle est élevée (exprimée entre 0 et 1), plus celui-ci est transmissible d’une génération à l’autre.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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