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Séchageen grange : du foin à haut potentiel

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Qualité. Les premières coupes de foin séché en grange assurent un fourrage de haute valeur énergétique et protéique, et très digestible. © P. SOISSONS

Plus précoce et de très bonne qualité nutritionnelle, le foin séché en grange apporte une plus-value à la ration, mais aussi à l’image de l’exploitation.

Le séchage en grange séduit un nombre croissant d’éleveurs, en particulier en montagne, car il sécurise les conditions de récolte et la qualité du fourrage. Cette technique prend de l’ampleur dans la zone de l’AOP saint-nectaire en raison de la sécurité sanitaire qu’offrent des fourrages secs par rapport à des fourrages humides, ainsi que pour l’image des exploitations, nombreuses à vendre en direct.

« Le séchage en grange facilite la précocité des premières coupes. Il faut profiter de la première fenêtre météo favorable pour récolter un fourrage à 70 % de MS, de haute valeur énergétique et protéique, le plus digestible possible. Mieux vaut rechercher une première coupe la plus précoce possible », explique Jean-Christophe Robert, technicien Conseil élevage dans le Puy-de-Dôme.

Idéalement, le stock fourrager annuel doit être composé pour un tiers de ce foin précoce, un tiers d’un foin plus fibreux mais encore très appétant, et un tiers de regain.

Performances

« Nous conseillons aux éleveurs de donner en premier repas le foin plus fibreux, avant la distribution de concentrés, puis un mélange de foin précoce et de regain à disposition pour le reste de la journée. Ces rations sèches augmentent la consommation d’eau de 30 %. Les points d’eau doivent être propres, suffisants et accessibles », recommande Jean-Christophe Robert.

En libérant des parcelles plus tôt, l’utilisation des surfaces fourragères gagne en souplesse. Les repousses pour la pâture ou la fauche de regain sont plus abondantes.

La qualité et l’homogénéité du foin séché en grange améliorent de façon significative les performances zootechniques des animaux. « La production de lait augmente et la quantité de concentré distribué diminue, constate Jean-Christophe Robert. Les éleveurs font part d’un meilleur état général du troupeau. Ils signalent également la facilité et le plaisir de manipuler et de distribuer du foin séché en vrac plutôt que des bottes, des ballots d’enrubannage ou de l’ensilage. L’investissement, bien que conséquent, est à raisonner sur le long terme. »

Monique Roque-Marmeys
Témoin
« Davantage de lait, moins de concentrés » Nicolas Dumont (1), Gaec de Bertinet à Saint-Donat (Puy-de-Dôme)

«Nous transformons le lait de nos 60 vaches en saint-nectaire fermier affiné et vendu sur l’exploitation. Nous avons installé un séchage en grange en 2017, année fourragère exceptionnelle. Nous avons récolté 285 t de fourrages dans de très bonnes conditions. Les 10 ha fauchés le 25 mai assuraient 2 kg de foin d’excellente qualité par vache pour la ration hivernale. Nous avons ensuite fauché 30 ha en juin, et du regain jusqu’en septembre. Cet hiver, la ration se composait de 5 kg de foin précoce et 4 kg de foin plus ligneux en tête de repas, puis 8 kg de regain en fin de repas. Il n’y a pas eu de refus. Nos vaches sont calmes, elles ruminent bien et sortent en meilleur état de cet hiver, avec un poil fin et brillant. Nous sommes satisfaits des premiers résultats technico-économiques avec une production qui est passée de 5 800 à 6 500 kg, pour un coût de concentré en baisse (347 g/l en mars 2017 contre 228 g/l en mars 2018). Le coût de la ration diminue dans le même temps de 184 à 151 €/1 000 l. Nous ne regrettons pas notre investissement de 400 000 €, subventionné à 40 %, qui inclut un toit reliant nos deux bâtiments et l’aménagement de la cour de l’exploitation. Fini les plastiques des ballots d’enrubannage ! La communication que nous faisons sur notre exploitation et notre fromage AOP ne peut qu’en être meilleure ! »

(1) Associé à Patricia Charbonnel et Patrice Lust.

Valeuralimentaire

Pour un foin précoce, les valeurs alimentaires affichent 0,85 à 0,88 UFL et 13 à 14 % de matières azotées totales (MAT).

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Cet article est paru dans La France Agricole

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