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Prévoir les besoins fourragers jusqu’en septembre

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Anticipation. Réaliser des prévisions fourragères permet de mieux anticiper ses achats d’aliments, pour obtenir un meilleur prix. © C. Watier

Pour ne pas être pris au dépourvu, il faut pouvoir estimer jusqu’à la prochaine récolte l’adéquation entre les besoins de ses vaches laitières et les stocks.

«Mes 220 tonnes de matière sèche disponibles suffiront à nourrir correctement mon troupeau de 70 prim’holsteins jusqu’au 15 septembre. » Chaque éleveur capable de formuler une telle estimation pour son propre cheptel s’évitera une mauvaise surprise l’été venu. Le calcul du besoin fourrager permet d’anticiper les quantités à acheter le cas échéant. Il doit être réalisé en tenant compte des particularités annuelles. Ainsi, pour l’ensilage de maïs, 2016 a été une année atypique avec des qualités hétérogènes. Souvent, le stockage était difficile du fait des taux de matière sèche très élevés. Concernant le bilan fourrager, il convient donc d’être vigilant pour l’évaluation des silos de maïs : la disponibilité en ensilage ne doit pas être surestimée.

Évaluation des stocks

« La sécheresse estivale et automnale, qui a limité le pâturage, a pu faire reculer les stocks plus vite que prévu », prévient Philippe Busnel, consultant en nutrition chez Eilyps. C’est le cas en Ille-et-Vilaine. Il précise également que toute la matière sèche ingérée doit être comptabilisée, y compris les apports d’herbe fraîche au pâturage (voir encadré ci dessous). Les coproduits, la betterave fourragère ou l’ensilage de céréales : tous les compléments utilisés pour renflouer les stocks ne doivent pas être oubliés. On obtient ainsi un montant total en matière sèche disponible jusqu’à la prochaine récolte.

Estimation des besoins

Au vu de la conjoncture laitière actuelle, certains éleveurs ont diminué leurs volumes de lait produits, soit par réduction du nombre d’animaux, soit par baisse de la production par vache. Inversement, ceux qui pensent augmenter la production en espérant une hausse rapide du prix doivent le prendre en compte. « Une vache qui produit 1 000 kg de lait en plus, c’est une vache qui ingère entre 0, 2 et 0,4 tonne de matière sèche (MS) supplémentaire, note Philippe Busnel. Jusqu’au 15 septembre, une prim’holstein de 7 000 kg aura besoin de 3,6 tonnes de MS, contre 4,15 pour une vache qui produit 9 000 kg de lait, illustre-t-il. Pour une race mixte, normande ou montbéliarde, les besoins sont de 3,4 t pour 5 500 kg et de 3,9 t pour 7 500 kg. »

Les trésoreries fragilisées ont également pu entraîner un moindre recours aux concentrés. « Pour une ration à volonté, une réduction de 200 kg/VL/an de concentré implique un supplément d’environ 100 kg de fourrage ingérés », selon l’expert. Il ne faut évidemment pas oublier les génisses et autres bovins qui viendront aux aussi demander leur part de fourrage.

En comparant les disponibilités aux besoins, des achats pourront être envisagés si nécessaire.

Marylou Bressand
Expert
« Estimer l’apport du pâturage » Philippe Busnel, consultant nutrition chez EILYPS (35)

«En supplément des fourrages stockés, il faut estimer l’apport du pâturage pour obtenir le total de la matière sèche (MS) disponible. Une prairie à 6 tonnes de MS par an, donnera 5 t au cours des huit prochains mois, jusqu’à la récolte de maïs 2017. À ce niveau de rendement, et pour 10 ares disponibles par vache laitière, on peut compter 0,5 t de MS par animal. Proportionnellement, cela fait 1 t de MS avec 20 ares par vache, ou 1,5 t avec 30 ares. On peut réaliser une première estimation que l’on précisera plus tard si la pousse de l’herbe n’est pas au rendez-vous. »

Pertes

Lors du calcul des besoins fourragers du troupeau, seules les quantités de matière sèche utile sont calculées. Les pertes liées à la distribution ou au silo doivent être prises en compte. Elles peuvent représenter 5 à 10 % du volume, voire davantage.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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