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Porc : ménager un accès permanent à l’eau

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Variabilité. La consommation d’eau varie d’une bande à l’autre, d’une salle à l’autre et d’une case à l’autre, en particulier selon la température ambiante et le poids des animaux. © I. LEJAS

En matière d’abreuvement, l’éleveur porcin a une obligation de résultat, mais il reste libre des modalités d’application.

«Tous les porcs âgés de plus de deux semaines doivent avoir un accès permanent à de l’eau fraîche », indique la directive européenne « bien-être » de 2001. Or, en système d’engraissement avec alimentation en soupe, les animaux bénéficient rarement de dispositifs complémentaires pour l’abreuvement. En France, l’État (1) tolère une absence d’abreuvoirs seulement si la programmation prévoit la distribution d’eau entre les repas de soupe, plusieurs fois dans la journée, de sorte qu’il y ait toujours une quantité d’eau résiduelle dans l’auge.

Besoins physiologiques

En Bretagne, les services vétérinaires ont longtemps considéré qu’il y avait un accès permanent à l’eau dès lors que l’éleveur fournit deux repas de soupe minimum dans la journée, sauf bien sûr en cas de fortes chaleurs. Les pratiques différant d’une région à l’autre, la DGAL (2) a demandé un avis à l’Anses (3) en 2015, qui est venue recadrer les choses en rappelant que seul l’accès permanent à de l’eau potable permet d’assurer à tout instant les besoins physiologiques des porcs de façon flexible et individualisée.

« En engraissement, même si leurs besoins physiologiques de base en eau sont couverts par l’alimentation en soupe, ils boivent tout au long de la journée. Lors de fortes chaleurs, cette consommation est augmentée et souligne le besoin physiologique et comportemental des porcs », confirme Catherine Calvar, de l’équipe « Porc » des chambres d’agricultures de Bretagne, à la suite des essais menés en stations expérimentales.

Dans la station de Crécom (Côtes-d’Armor), équipée de pipettes au-dessus de l’auge, les porcs ont consommé, en moyenne, 0,9 l d’eau par animal et par jour en hiver pendant l’engraissement, en plus de la soupe diluée à 2,5 l/kg (alimentation plafonnée à 2,5 kg). En été, ils ont bu 1 l par jour. À Guernevez (Finistère), les prélèvements d’eau étaient de 2,4 l par porc et par jour dans les salles équipées de pipettes et de 2,2 l avec les bols. Trois pics ont été observés : le matin, à midi et dans l’après-midi, chaque fois avant les repas de soupe.

La consommation est très variable au fil de la journée, mais aussi en fonction du type d’abreuvoir. D’où l’importance du choix du matériel, de son installation et de son positionnement pour respecter la réglementation « bien-être » et limiter le gaspillage. Les chambres d’agriculture ont été missionnées pour réaliser des fiches techniques, qui seront diffusées avant l’été. L’obligation réglementaire est une obligation de résultat, mais les éleveurs sont libres quant aux moyens : pipette, bol ou repas d’eau dans l’auge. Avec, dans ce dernier cas, la question du risque sanitaire de l’eau résiduelle.

Isabelle Lejas

(1) Voir une note de service de 2005 et le vade-mecum d’inspection des élevages de porcs de 2011.

(2) Direction générale de l’alimentation.

(3) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

Quantités

L’eau consommée aux abreuvoirs représente 14 % de l’eau bue par jour (essais Crécom).

En plein été, la consommation maximale est montée jusqu’à 4 litres par porc et par jour en système pipettes.

Expert
« Contrôler et maîtriser la consommation » Catherine Calvar, conseillère « porc » des chambres d’agriculture de Bretagne

«Des enquêtes menées auprès d’éleveurs équipés d’abreuvoirs, ainsi que de techniciens de groupements et d’un installateur, ont montré une méconnaissance des besoins des porcs et un manque de références sur l’installation du matériel. Les techniciens privilégient le bol pour limiter le gaspillage, alors que les éleveurs optent plutôt pour des pipettes sur auge. Une fois en service, il y a peu de contrôles du système et peu de mesures de débit. Pour les éleveurs, installer des abreuvoirs induit un coût supplémentaire et du travail en plus, si le système n’est pas maîtrisé. Ils craignent surtout l’augmentation du volume de lisier. Tout l’enjeu est d’éviter les fuites et limiter le gaspillage. Des leviers existent, comme baisser le taux de dilution de la soupe ou choisir un système économe en eau. Il est important de contrôler le débit des abreuvoirs – entre 0,5 et 1 l/minute – et suivre la consommation avec un compteur. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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