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Porc Les points clés pour convertir un bâtiment en bio

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Un hangar agricole en post-sevrage (PS) bio. Le hangar a été transformé en 90 places de PS (2 cases de 45 places et 1 niche). Ce type de structure est facile à aménager avec des travaux limités (isolation en partie, dalle). La hauteur facilite les manipulations mais entraîne des pertes de chaleur, ce qui a nécessité la création de niches isolées.

Avant de s’engager dans la transformation de sa porcherie, l’éleveur doit réfléchir à la faisabilité des aménagements, tout en respectant la réglementation.

Dopés par la demande en viande bio, les projets de conversion émergent dans la filière porcine, avec un volet « logement » à réfléchir. Il existe trois grands systèmes : le plein air, le bâtiment ou le système mixte (maternité plein air et engraissement en bâtiment).

Or « aujourd’hui, les nouveaux projets d’installation en porc bio se font principalement tout en bâtiment », constate Carole Bertin, chargée d’études à la chambre régionale d’agriculture de Bretagne. Ce choix est à mettre en relation avec la pénibilité du travail et l’organisation liée au plein air. » Ce type de logement permet aussi une meilleure valorisation de l’aliment, un point essentiel lorsque le coût alimentaire représente 75 % du coût de production d’un cochon.

Les éleveurs privilégient le réaménagement de l’existant, les constructions neuves étant trop onéreuses (l’investissement est estimé entre 7 000 et 10 00 euros par truie, et 500 à 600 euros par place en engraissement).

Faisabilité technique

« Mais avant de convertir un bâtiment, le producteur doit réfléchir à la faisabilité technique des aménagements qui seront nécessaires pour répondre à la réglementation, tout en optimisant ses conditions de travail », insiste Carole Bertin. Les principales caractéristiques, qui différencient le logement bio du logement conventionnel, concernent l’augmentation des surfaces minimales par animal, l’interdiction du caillebotis intégral, ainsi que la présence de litière et de courettes extérieures.

Les stabulations bovines, les poulaillers, les anciennes porcheries sur caillebotis intégral ou sur paille, les bergeries ou même les hangars agricoles… On trouve tous types de transformations, mais certains sont plus faciles à réaménager que d’autres.

« Compte tenu de la diversité des projets, il est très difficile d’estimer le coût moyen. Il faut prendre en compte le prix d’achat initial du bâtiment. Le coût des travaux varie selon la part d’auto-construction, du prix des équipements intérieurs qui peuvent être achetés d’occasion, le besoin d’isolation, de ventilation, des modifications du sol, explique l’ingénieure. Le risque est de faire des aménagements au rabais pour limiter les coûts, ce qui peut conduire à une perte de temps au quotidien. »

Différents choix selon l’existant

Des points de vigilance s’imposent donc selon la configuration, la hauteur initiale et l’implantation au sein de l’exploitation.

Aménagement intérieur :

loger des porcs sur litière

Il est important de vérifier la qualité du bâti. Les aménagements intérieurs vont dépendre de la dimension des cases et de la longueur des couloirs.

Charpente : Il est plus facile d’aménager des bâtiments avec des charpentes de type autoportantes pour lesquelles on pourra supprimer des élévations, qu’avec des charpentes de type fermette pour lesquelles il ne sera pas possible de supprimer certaines parois.

Dalle ou fosse : un bâtiment initialement sur paille est plus facile à aménager qu’un bâtiment conventionnel sur fosse profonde, qu’il faudra combler.

Hauteur du bâtiment :

mécaniser paillageet curage

Hauteur  : si la hauteur du long pan est importante (3,5 mètres), comme c’est le cas avec une stabulation, il sera plus aisé d’utiliser un tracteur.

En revanche, des constructions plus basses, de type poulailler, nécessiteront l’achat de matériels adaptés pour mécaniser le paillage ainsi que le curage, comme un valet de ferme ou un mini-chargeur.

Niveau du sol : un dénivelé entre le sol du bâtiment et le terrain nécessitera des travaux de terrassement.

Implantation : créer une courette extérieure

Il est plus simple d’aménager une exploitation dans laquelle les bâtiments sont éloignés les uns des autres pour prévoir les courettes extérieures. Il est à noter qu’une orientation sud-est est privilégiée pour éviter les vents dominants.

Isabelle Lejas
Un poulailler en engraissement bio. Le poulailler de 1 200 m² a été converti en 70 places de post-sevrage, 210 places d’engraissement et une fabrique d’aliment à la ferme. L’éleveur a créé une courette extérieure couverte et bétonnée, coulé une dalle et séparé les cases avec du parpaing. Il y a peu de déconstruction, la toiture est isolée, mais le bâtiment a une hauteur faible, exigeant l’achat d’une mini-chargeuse.
La réglementation en vigueur

En matière de logement, la production biologique est régie par deux règlements européens (2007 et 2008), qui seront revus en 2021. En France, un guide de lecture en précise l’application.

La réglementation impose que 50 % au moins de la surface intérieure soit construite en matériaux durs (ni grilles ni caillebotis). L’aire de couchage doit être propre, sèche et recouverte de litière (paille ou matériaux naturels adaptés) et en dur. Les aires d’exercices permettent aux animaux de satisfaire leurs besoins naturels et de fouir (différents substrats peuvent être utilisés : paille, terre…). Les bâtiments construits ou convertis après le 1er janvier 2009 doivent intégrer, en dehors des phases de maternité ou de post-sevrage, des aires d’exercices extérieures accessibles en permanence aux animaux.

Des surfaces minimales par animal sont définies en fonction des stades physiologiques (truies allaitantes, gestantes, plus de quarante jours et quarante kilogrammes…) à la fois pour l’intérieur du bâtiment et la courette.

Un engraissement sur caillebotis en maternité bio. Les 216 places d’engraissement ont été converties en 16 places de maternité. La coque du bâtiment a été conservée, la préfosse peu profonde a été comblée et des dalles coulées. L’éleveur a réisolé son bâtiment, installé une ventilation et revu les pentes pour l’écoulement des jus. © Photos : CRAB
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Cet article est paru dans La France Agricole

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